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Cette start-up bordelaise veut détecter les maladies de la vigne grâce à l’IA

Une jeune pousse bordelaise veut faire entrer les drones dans la vigne de manière plus simple et plus utile pour les domaines. Avec Vitidrone, Titien Cubilier et Théo Gauvrit misent sur l’intelligence artificielle pour repérer plus tôt les maladies, analyser les rendements et aider les viticulteurs à décider pied par pied. La solution est testée dans des propriétés de Pomerol et Saint-Émilion. Sa commercialisation est visée d’ici la fin de l’année 2026.

Vitidrone veut aider les viticulteurs bordelais à détecter plus tôt les maladies dans les parcelles.

Dans le vignoble bordelais, la technologie n’est plus un sujet lointain. La start-up Vitidrone, présentée par Les Échos Judiciaires Girondins, développe un drone autonome pensé pour la détection précoce des maladies de la vigne. L’idée : transformer les images captées en informations directement utiles au viticulteur.

Le projet est porté par Titien Cubilier, CEO de Vitidrone, et Théo Gauvrit, directeur technique. Le premier vient de l’informatique et du monde des drones, avec une histoire familiale liée aux vignes de Pomerol et de Saint-Émilion. Le second apporte une expertise de bio-informaticien. Ensemble, ils concentrent leur valeur ajoutée sur le logiciel et l’intelligence artificielle.

Un jumeau numérique pour lire la vigne

La promesse repose sur une lecture fine de la parcelle. En un vol, le drone peut scanner les rangs, puis créer un jumeau numérique dans lequel chaque pied est géoréférencé. D’après l’entreprise, il faut environ 40 minutes de vol pour couvrir 2 hectares.

Le système promet de géoréférencer chaque pied pour faciliter les décisions techniques dans la vigne.

Cette cartographie doit permettre d’analyser le rendement, d’adapter les itinéraires techniques et de déterminer si un traitement est nécessaire. Dans un contexte où les domaines cherchent à réduire les intrants, l’outil peut devenir un levier important. L’INAO rappelle d’ailleurs le poids des signes de qualité dans les territoires viticoles français.

Un projet passé par l’écosystème bordelais

Vitidrone a été incubée dans le Start-Up Studio Inria, puis sélectionnée en 2026 par Start-Up Win, l’incubateur de Bernard Magrez et Unitec. Le passage par l’université de Bordeaux a aidé à structurer la recherche et développement, avec l’appui d’infrastructures de calcul.

Le parcours de Titien Cubilier passe aussi par le LaBRI, laboratoire bordelais de recherche en informatique, ce qui renforce l’ancrage local du projet. Pour Bordeaux, Vitidrone illustre une tendance claire : l’innovation viticole se construit autant dans les chais que dans les laboratoires, les incubateurs et les lignes de code.

Un abonnement pour faciliter l’adoption

Pour convaincre les exploitations, Vitidrone mise sur un abonnement annuel, avec mise à disposition du drone et sans coût supplémentaire par vol. Le directeur d’exploitation doit suivre une formation de télépilote. La start-up teste actuellement son dispositif dans plusieurs propriétés de Pomerol et Saint-Émilion, dont le château Le Bon Pasteur et le Clos L’Apogée.

Entre drones, IA et viticulture, Vitidrone illustre une nouvelle génération d’outils pour les domaines girondins.

Malgré un contexte difficile pour le vin, les fondateurs restent confiants. Leur solution pourrait aussi s’adapter à d’autres cultures, avec le même objectif : collecter beaucoup de données, mais ne montrer au professionnel que ce qui aide vraiment à décider. Pour le vignoble girondin, c’est une piste vers une viticulture plus précise, plus réactive et potentiellement moins consommatrice d’intrants.

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