Le 21 décembre 1987, un avion reliant Bruxelles à Bordeaux s’écrase dans la forêt du Pinsan, à Eysines, à quelques kilomètres seulement de l’aéroport de Mérignac. Le vol AF1919, exploité par Air Littoral pour Air France, ne laisse aucun survivant parmi les 16 personnes à bord. Près de quarante ans plus tard, ce drame reste peu connu au-delà de la Gironde, malgré son impact local et ses enseignements pour la sécurité aérienne. Aujourd’hui, une plaque discrète rappelle encore les victimes au cœur du domaine du Pinsan.

Un vol Bruxelles-Bordeaux qui n’arrivera jamais
Le vol AF1919 devait relier Bruxelles à Bordeaux le 21 décembre 1987. L’appareil, un Embraer EMB 120 Brasilia, approche alors de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac dans des conditions météo difficiles. Un brouillard dense recouvre la région, compliquant fortement la phase d’atterrissage.
Après une première tentative d’approche avortée, l’équipage patiente avant de reprendre la descente. L’avion se retrouve alors trop bas, touche la cime des arbres et s’écrase dans la forêt du Pinsan, sur la commune d’Eysines. Le bilan est terrible : 13 passagers et 3 membres d’équipage perdent la vie.
Une enquête centrée sur l’approche
L’enquête a mis en avant une mauvaise gestion de la trajectoire en phase d’approche, dans un contexte de faible visibilité. Les pilotes n’auraient pas suffisamment surveillé l’altitude et le guidage aux instruments, jusqu’à descendre sous l’altitude minimale de sécurité. La coordination dans le cockpit a aussi été pointée comme un facteur aggravant.
Ces conclusions s’inscrivent dans le travail mené en France par le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile, dont la mission est d’identifier les causes des accidents pour améliorer la sécurité des vols. Chaque drame aérien donne lieu à des recommandations, souvent techniques, humaines et organisationnelles.
Un lieu devenu espace de loisirs
Le domaine du Pinsan n’a plus aujourd’hui l’apparence du lieu isolé de 1987. Cet espace vert d’Eysines accueille des équipements sportifs, une piscine, des terrains et des parcours fréquentés par les familles. Le contraste est fort entre la vie quotidienne actuelle du site et la tragédie qui s’y est déroulée.
Une plaque discrète perpétue toutefois la mémoire des victimes. Pour mieux situer le lieu et les activités du domaine, les informations de la Ville d’Eysines permettent de comprendre ce que le Pinsan est devenu dans la vie locale.
Une histoire liée aussi au sport français
Le drame a une résonance particulière dans l’histoire sportive française. Parmi les victimes figurait Philippe Deschamps, frère aîné de Didier Deschamps, alors jeune footballeur promis à une grande carrière. Ce lien n’épuise pas la mémoire de l’accident, mais il explique pourquoi l’histoire du vol AF1919 est parfois revenue dans l’actualité des années plus tard.

Un drame local, des enseignements durables
Le crash d’Eysines rappelle que les phases d’approche et d’atterrissage sont parmi les plus sensibles en aviation. Depuis plusieurs décennies, les procédures, la formation, les instruments et la coordination des équipages ont fortement progressé. Le site de l’aéroport de Bordeaux rappelle aujourd’hui combien cette infrastructure reste au cœur des mobilités régionales.
Pour les habitants d’Eysines et de la métropole bordelaise, le crash AF1919 demeure une page douloureuse mais importante de l’histoire locale. Se souvenir de ce drame, c’est honorer les victimes, mais aussi mesurer le chemin parcouru par la sécurité aérienne depuis cette nuit de brouillard.
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