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Bordeaux : la Philomathique fait vivre les métiers d’art depuis 1808

Rue Abbé-de-l’Épée, la Philomathique de Bordeaux fait partie de ces lieux que l’on croise parfois sans vraiment connaître leur histoire. Derrière son imposant bâtiment se cache une maison des métiers d’art et d’artisanat fondée sur plus de deux siècles de transmission. Bois, mode, ameublement, couture, menuiserie ou tapisserie : ce lieu patrimonial continue de former, d’initier et de faire vivre les savoir-faire au cœur de Bordeaux.

La Philomathique de Bordeaux transmet les métiers d’art et d’artisanat depuis plus de deux siècles.

À Bordeaux, certains bâtiments racontent une histoire avant même que l’on franchisse leur porte. La Philomathique de Bordeaux en fait partie. Installée rue Abbé-de-l’Épée depuis 1869, cette maison des métiers d’art et d’artisanat continue de former des élèves, d’accueillir des ateliers et de défendre la transmission des gestes.

Son histoire commence bien plus tôt. La Société Philomathique de Bordeaux est créée en 1808 par Isaac Rodrigues-Henrique et d’autres notables bordelais, avec une ambition claire : promouvoir le savoir, la culture et les sciences. Le nom lui-même résume cette philosophie, entre l’amour du savoir et l’envie de rendre l’apprentissage utile.

Un lieu né pour transmettre

À partir de 1839, les premiers cours sont gratuits et destinés à des adultes de la classe ouvrière. On y enseigne alors l’écriture, le calcul, la lecture, l’histoire, la géographie ou encore la comptabilité. Progressivement, l’école se tourne vers la pratique, puis vers les métiers d’art et d’artisanat, qui constituent aujourd’hui son identité.

Le site officiel de la Philomathique de Bordeaux présente désormais des formations professionnelles, des cours du soir et des stages autour du bois, de la mode, de l’ameublement et de pratiques artistiques. On peut y préparer un diplôme, mais aussi simplement s’initier à un savoir-faire pour le plaisir.

Les ateliers de la Philomathique mêlent formation professionnelle, reconversion et initiation ouverte au public.

Un bâtiment historique au cœur de Bordeaux

Le bâtiment actuel doit beaucoup à Charles Fieffé, adjoint au maire de Bordeaux et philomathe, qui lègue une grande partie de sa fortune à l’association au XIXe siècle. L’école est alors construite rue Abbé-de-l’Épée, dans un édifice qui impressionne encore par son mélange de pierre, de brique industrielle, de volumes hauts et d’ateliers marqués par le passage des générations.

La Philomathique a aussi joué un rôle social fort. Dès 1866, elle fait partie des rares écoles à proposer des cours professionnels gratuits aux femmes. Une avancée considérable pour l’époque, même si les conditions restaient évidemment très encadrées. Aujourd’hui, le lieu accueille un public largement féminin, notamment dans ses cours du soir et ses formations.

Pour ceux qui aiment découvrir Bordeaux autrement, la Philomathique s’inscrit parfaitement dans les visites de patrimoine vivant. Le site de Bordeaux Tourisme met régulièrement en avant ces lieux où l’histoire, les savoir-faire et la ville contemporaine se rejoignent.

Une école, mais aussi une expérience à vivre

La Philomathique ne se limite pas aux cursus longs. Elle propose aussi des ateliers d’initiation, des stages, des visites guidées, des événements, des expositions et même des expériences de groupe autour de l’artisanat. C’est ce qui rend le lieu intéressant pour un public plus large : on peut y venir pour apprendre, visiter, offrir une activité ou simplement comprendre comment se transmet un métier.

Le bâtiment de la rue Abbé-de-l’Épée conserve l’esprit d’une école tournée vers le geste et la transmission.

Menuiserie, couture, tapisserie, ébénisterie, bijoux de mode ou métiers de l’ameublement : les disciplines enseignées rappellent que l’artisanat n’a rien d’un folklore. Ce sont des métiers concrets, exigeants, souvent en tension, et qui nécessitent du temps, du matériel et des formateurs capables de transmettre la réalité du terrain.

La Philomathique de Bordeaux mérite donc d’être regardée comme bien plus qu’une école. C’est un morceau d’histoire bordelaise toujours actif, un lieu de reconversion, d’initiation et de création, où l’on comprend que le patrimoine peut aussi se fabriquer chaque jour, à la main.

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