La chercheuse Linda Cambon, figure de la santé publique à Bordeaux, a été élue le 29 juin 2026 à la présidence du Haut Conseil de la santé publique. Engagée au CHU de Bordeaux, à l’Université de Bordeaux et au centre de recherche Bordeaux Population Health, elle prend la tête d’une instance nationale chargée d’éclairer les grandes décisions en matière de prévention, de sécurité sanitaire et de politique de santé.

Une chercheuse bordelaise à la tête du HCSP
Cette élection place une spécialiste installée à Bordeaux à la direction de l’une des principales instances françaises d’expertise sanitaire. Linda Cambon succède à la précédente gouvernance du Haut Conseil et présidera son collège, chargé d’assurer la cohérence des travaux conduits par les différentes commissions spécialisées.
Elle est accompagnée par Julien Bourdoiseau, élu vice-président. Ensemble, ils participeront à l’organisation de la nouvelle mandature et à la définition du programme de travail. Le collège coordonne notamment les réflexions prospectives, l’évaluation des politiques de prévention et les contributions à la stratégie nationale de santé.
Membre du Haut Conseil depuis 2017, Linda Cambon connaît déjà précisément son fonctionnement. Elle a siégé au sein de la commission consacrée aux maladies chroniques, puis au collège. Elle a également dirigé le groupe de travail permanent portant sur la santé dans toutes les politiques, une approche qui intègre les effets sanitaires des décisions prises dans de nombreux secteurs.
Un parcours entre recherche, terrain et décision publique
Le parcours de Linda Cambon associe expertise scientifique et responsabilités opérationnelles. Elle exerce au sein du service de prévention du CHU de Bordeaux et du centre Bordeaux Population Health, placé sous la tutelle de l’Inserm et de l’Université de Bordeaux. Elle y dirige les équipes Evidans et Polariss.

Avant son implantation bordelaise, la chercheuse a dirigé des structures régionales de prévention et de promotion de la santé. Elle a ensuite été conseillère technique auprès de ministres chargés de la santé et de la cohésion sociale, puis directrice de la santé publique, de la stratégie et de la sécurité sanitaire au sein d’une agence régionale de santé.
Elle a également participé aux travaux de plusieurs organismes nationaux : Institut national du cancer, Institut de recherche en santé publique, Santé publique France et Haute Autorité de santé. Cette expérience lui permet de relier production de connaissances, action territoriale et décision nationale.
Quel est le rôle du Haut Conseil de la santé publique ?
Le Haut Conseil de la santé publique apporte une expertise indépendante aux pouvoirs publics. Il peut être saisi par le ministère chargé de la Santé sur des sujets très variés : prévention, maladies infectieuses ou chroniques, santé environnementale, santé mentale, organisation du système de soins et sécurité sanitaire.
Ses avis, rapports et recommandations contribuent à orienter les politiques nationales. Le HCSP participe également au suivi et à l’évaluation de la stratégie nationale de santé. Il rassemble des personnalités qualifiées et des représentants d’institutions comme Santé publique France, l’Assurance maladie ou les agences sanitaires.
La présidente dirige le collège, fixe son ordre du jour et veille à la coordination entre les commissions. Pour Linda Cambon, cette fonction offre donc une capacité d’influence majeure sur les orientations sanitaires françaises, sans pour autant se substituer aux décisions du gouvernement ou des administrations compétentes.

Une reconnaissance pour l’écosystème bordelais
L’élection de Linda Cambon met en lumière la place occupée par Bordeaux dans la recherche en santé des populations. Le campus, le CHU, l’Université et les équipes de l’Inserm réunissent des compétences qui dépassent largement le périmètre régional.
Ses travaux portent notamment sur la prévention, la santé mentale, les politiques publiques favorables à la qualité de vie et la transformation du système de santé. Ils rejoignent des enjeux très concrets pour les collectivités, de l’urbanisme au logement en passant par l’environnement et les inégalités sociales.
Cette nomination constitue ainsi une reconnaissance nationale de l’expertise bordelaise en santé publique. Elle renforce aussi les liens entre la recherche menée localement et les choix qui structureront la prévention et la politique sanitaire française au cours des prochaines années.
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