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Gironde : la future usine de saumons de Pure Salmon obtient son autorisation environnementale

Le projet industriel porté par Pure Salmon au Verdon-sur-Mer vient de franchir une étape décisive. La préfecture de la Gironde a délivré son autorisation environnementale à cette future ferme aquacole terrestre, conçue pour produire jusqu’à 10 000 tonnes de saumons par an. Présenté comme un investissement majeur pour le Médoc, le site reste toutefois très contesté en raison de ses besoins en eau et de sa proximité avec des espaces naturels sensibles.

Un feu vert préfectoral attendu depuis plusieurs mois

La décision administrative intervient après une procédure longue comprenant une enquête publique organisée du 15 décembre 2025 au 19 janvier 2026. La commission d’enquête avait ensuite remis son rapport au préfet, avant l’examen du dossier par le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques. Le Coderst avait rendu, le 2 juillet, un avis favorable au projet d’arrêté.

La future unité aquacole doit s’implanter dans la zone industrialo-portuaire du Verdon-sur-Mer, à l’entrée de l’estuaire de la Gironde. – Crédit : pexels

La signature de l’autorisation environnementale permet désormais au projet d’avancer sur son volet industriel. Elle ne signifie pas pour autant que toutes les étapes sont achevées : la construction et l’exploitation devront respecter les prescriptions imposées, tandis que les autres autorisations et obligations réglementaires applicables devront être suivies. Le permis de construire relève par ailleurs d’une procédure distincte.

Le dossier officiel de l’enquête publique désigne la société Saumon du Médoc, liée à Pure Salmon France, comme responsable du projet. Les documents relatifs à la procédure et aux avis rendus restent consultables sur le site des services de l’État en Gironde.

Une production annoncée de 10 000 tonnes par an

Le projet prévoit l’élevage, la transformation et le conditionnement de saumons atlantiques sur un même site. L’objectif annoncé atteint 10 000 tonnes de saumons par an, destinées au marché français. L’entreprise entend ainsi réduire la dépendance aux importations, alors que la grande majorité du saumon consommé en France provient aujourd’hui de pays producteurs du nord de l’Europe.

L’élevage doit fonctionner grâce à une technologie en circuit fermé appelée RAS, pour « Recirculating Aquaculture System ». Le principe consiste à traiter et à réutiliser une grande partie de l’eau dans des bassins terrestres, avec un contrôle de la température, de l’oxygène et de la qualité sanitaire. Pure Salmon présente cette méthode sur la page consacrée à son projet français.

Le montant d’investissement évoqué pour cette implantation est d’environ 280 millions d’euros. À terme, le site pourrait créer près de 250 emplois directs, auxquels s’ajouteraient des besoins dans la construction, la maintenance, la logistique et les services. Pour le nord du Médoc, territoire éloigné des grands pôles d’emploi métropolitains, cette perspective représente un argument économique majeur.

Le dispositif RAS repose sur des bassins terrestres et un traitement continu de l’eau afin de contrôler les conditions d’élevage des poissons. – Crédit : pexels

Des prescriptions environnementales présentées comme strictes

L’autorisation est assortie de conditions portant notamment sur la consommation d’eau, les rejets, la surveillance du milieu et la maîtrise des risques sanitaires. Ces obligations doivent encadrer le fonctionnement d’un équipement dont les dimensions dépassent celles des fermes aquacoles françaises existantes. Elles pourront faire l’objet de contrôles par les services compétents pendant l’exploitation.

La question de la ressource en eau demeure au centre du débat. Le site doit mobiliser de l’eau douce et de l’eau issue de l’estuaire pour ses installations. Dans un département régulièrement confronté aux sécheresses et aux restrictions, associations, scientifiques et élus demandent des garanties sur la disponibilité de la ressource, le traitement des effluents et les conséquences possibles pour les nappes.

La localisation nourrit également les inquiétudes. Le terminal portuaire du Verdon se trouve à proximité du parc naturel marin de l’estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, du parc naturel régional Médoc et de secteurs classés Natura 2000. Les opposants craignent des effets cumulés sur la biodiversité, les milieux estuariens et les activités traditionnelles dépendantes de leur bon état.

La proximité de l’estuaire et de plusieurs espaces naturels protégés place les questions de biodiversité et de rejets au cœur du dossier. – Crédit : pexels

Un projet industriel qui continuera de faire débat

Pour ses promoteurs, l’usine doit participer à la souveraineté alimentaire, réhabiliter une emprise industrialo-portuaire et créer des emplois durables. Elle pourrait aussi structurer de nouvelles compétences locales dans l’aquaculture, l’agroalimentaire et le traitement de l’eau. Le projet s’inscrit ainsi dans une stratégie de reconversion économique du site portuaire du Verdon.

Pour ses détracteurs, ces bénéfices ne compensent pas les risques liés à la consommation de ressources, aux rejets, au bien-être animal et à l’artificialisation. Plusieurs organisations ont déjà annoncé leur vigilance sur la mise en œuvre des prescriptions. Des recours administratifs restent également possibles contre l’arrêté, ce qui pourrait encore modifier le calendrier prévisionnel.

Le feu vert de la préfecture constitue donc une avancée déterminante, mais pas la fin du dossier. Entre création d’emplois industriels, souveraineté alimentaire et protection de l’estuaire, la future ferme de saumons concentre des enjeux rarement réunis dans un même projet girondin. Les prochaines étapes permettront de savoir à quel rythme le chantier pourra démarrer et comment les engagements environnementaux seront concrètement contrôlés.

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