Sophie Adenot est revenue saine et sauve à l’intérieur de la Station spatiale internationale après une sortie extravéhiculaire historique de six heures et vingt-trois minutes. Première Française à accomplir un tel exploit, l’astronaute entretient un lien particulier avec Bordeaux et la Nouvelle-Aquitaine grâce au projet MISSION:SOPHIE. Des centaines d’élèves de la région suivent ainsi depuis plusieurs mois cette aventure scientifique à 400 kilomètres au-dessus de la Terre.
Six heures et vingt-trois minutes dans le vide spatial
Le mardi 18 août 2026 restera une date majeure dans l’histoire spatiale française. Aux côtés de l’astronaute américain Anil Menon, Sophie Adenot a quitté le sas de la Station spatiale internationale pour sa première activité extravéhiculaire. Après six heures et vingt-trois minutes hors de l’ISS, les deux astronautes ont réintégré la station et retrouvé son atmosphère pressurisée.

Il ne s’agissait donc pas d’un retour sur Terre, qui interviendra plus tard au terme de sa mission de longue durée, mais bien d’un retour à bord de l’ISS. La Française poursuit la mission Epsilon, commencée en février 2026 et prévue pour environ neuf mois. Elle doit y réaliser de nombreuses expériences scientifiques et technologiques coordonnées avec les agences spatiales et des laboratoires au sol.
Cette sortie fait de Sophie Adenot la première Française à sortir dans l’espace. Jean-Loup Chrétien avait été le premier Français à effectuer une activité extravéhiculaire en 1988, avant Philippe Perrin et Thomas Pesquet. La performance de l’astronaute ajoute ainsi une nouvelle étape à l’histoire française des vols habités.
Une opération délicate sur une antenne de communication
La sortie avait un objectif technique précis : intervenir sur une antenne assurant les communications à haut débit entre la station et les équipes au sol. Ce lien est essentiel pour transmettre les données scientifiques et opérationnelles vers les centres de contrôle. Les astronautes ont pu retirer l’équipement défaillant, mais le temps disponible n’a pas permis d’achever toutes les opérations prévues pour son remplacement.
Une sortie spatiale exige une préparation considérable. Le scaphandre agit comme un petit vaisseau individuel : il apporte de l’oxygène, régule la température, évacue le dioxyde de carbone et protège contre les variations extrêmes. Chaque outil doit être attaché, chaque déplacement anticipé et chaque geste coordonné avec les équipes restées à l’intérieur de la station et les contrôleurs au sol.
Pour Sophie Adenot, pilote d’hélicoptère puis première femme pilote d’essai d’hélicoptère en France, cette opération marque l’aboutissement de plusieurs années de formation. Son parcours complet et les objectifs de sa mission peuvent être retrouvés sur la page officielle de l’Agence spatiale européenne consacrée à Sophie Adenot.

À Bordeaux, une aventure suivie par toute une génération
Sophie Adenot n’est pas née à Bordeaux : elle est originaire de Cosne-Cours-sur-Loire, dans la Nièvre. Son lien avec le territoire bordelais est néanmoins devenu très fort grâce à MISSION:SOPHIE, porté par l’IUT de Bordeaux. Ce programme rassemble des élèves du primaire au lycée autour des sciences, de l’électronique, des télécommunications et de l’exploration spatiale.
Le temps fort s’est déroulé le 20 avril, lorsque dix-huit jeunes ont pu lui poser leurs questions en direct depuis le site de Gradignan. À près de 28 000 kilomètres par heure autour de la Terre, l’ISS n’était visible depuis la station radio que pendant quelques minutes. L’échange a donc nécessité une préparation technique rigoureuse menée par l’université, des enseignants, des radioamateurs et de nombreux partenaires.
Le projet ne se limitait pas à cette liaison. Les classes ont travaillé sur le code morse, les télégraphes, les antennes et les signaux radio. Cette approche concrète a permis de transformer une mission spatiale lointaine en expérience pédagogique locale. L’IUT de Bordeaux présente les différentes étapes de MISSION:SOPHIE et les réalisations conçues par les élèves de Nouvelle-Aquitaine.

Une source d’inspiration pour les jeunes scientifiques
La portée de cet exploit dépasse la performance technique. En devenant la première Française à marcher dans l’espace, Sophie Adenot offre un repère concret aux jeunes filles qui envisagent des études scientifiques, aéronautiques ou techniques. Son parcours montre aussi que ces métiers reposent sur une combinaison de compétences, de travail collectif, de persévérance et de maîtrise des risques.
Depuis l’ISS, l’astronaute poursuit également plus de 200 expériences liées notamment à la santé, aux matériaux, aux technologies et à la vie en micropesanteur. La page du CNES consacrée à la mission Epsilon permet de suivre ce programme scientifique et les expériences françaises réalisées en orbite.
À Bordeaux, l’aventure continue donc bien après la sortie du 18 août. Sophie Adenot reste en orbite et son retour sur Terre n’est attendu qu’au second semestre 2026. D’ici là, son lien avec les élèves néo-aquitains donne à sa mission une dimension locale particulièrement forte : celle d’un exploit spatial capable de faire naître, depuis une salle de classe, de futures vocations.
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