À l’hôpital Haut-Lévêque de Pessac, le CHU de Bordeaux vient de poser la première pierre de son futur Institut de biologie et de pathologie. Ce bâtiment de cinq niveaux doit réunir treize services aujourd’hui dispersés sur plusieurs sites. Avec plus de 87 millions d’euros investis et une mise en service attendue en 2028, le projet constitue l’un des chantiers majeurs du Nouveau CHU.
Treize services réunis sous un même toit
La biologie hospitalière travaille souvent loin du regard des patients, mais elle intervient dans une immense partie des diagnostics et des décisions médicales. Analyses sanguines, microbiologie, biologie moléculaire, immunologie ou anatomopathologie : ces disciplines produisent chaque jour des résultats indispensables aux équipes soignantes. Le futur institut doit rassembler treize services du pôle de biologie et de pathologie, actuellement répartis dans plusieurs bâtiments du CHU.

Le regroupement vise à raccourcir certains circuits, mutualiser les équipements et améliorer les conditions de travail. Construit sur le site de Haut-Lévêque, l’édifice développera environ 15 000 mètres carrés sur cinq niveaux. Sa conception prévoit un accès logistique propre et un réseau pneumatique reliant les laboratoires aux services hospitaliers, afin d’acheminer rapidement les prélèvements.
Ce rapprochement doit aussi favoriser les échanges entre biologistes, pathologistes, techniciens et chercheurs. En réunissant les plateformes sur un même site, le CHU espère faciliter le partage des compétences, sécuriser les flux d’échantillons et offrir un environnement mieux adapté aux innovations diagnostiques.
Un investissement supérieur à 87 millions d’euros
Le budget annoncé dépasse 87 millions d’euros. Il comprend notamment 68 millions consacrés aux travaux et 15 millions destinés aux équipements biomédicaux. Le chantier est porté par un groupement conduit par Eiffage Construction, avec TLR Architecture et Celnikier & Grabli Architectes. La cérémonie de première pierre s’est tenue le mercredi 2 septembre 2026, alors que les opérations préparatoires avaient déjà commencé.
Le financement s’appuie en particulier sur un prêt de 70 millions d’euros signé avec la Banque des Territoires. Le détail officiel du projet publié par le CHU de Bordeaux présente la répartition de l’investissement et l’organisation retenue. À cette échelle, le coût ne finance pas seulement des murs : une part importante concerne les automates, les plateformes techniques et les outils nécessaires à une médecine de laboratoire moderne.
Pellegrin et Saint-André conserveront leurs urgences
Le choix de Pessac ne signifie pas que toute la biologie du CHU quittera Bordeaux. Des laboratoires d’urgence seront maintenus à Pellegrin et à Saint-André. Une antenne d’anatomopathologie restera également à Pellegrin pour réaliser les analyses extemporanées nécessaires pendant certaines opérations chirurgicales. Une liaison entre Haut-Lévêque et Pellegrin devra garantir la continuité permanente du service.
Cette organisation cherche un équilibre entre concentration des moyens spécialisés et réponse immédiate au plus près des blocs et des services d’urgence. Le bâtiment de Pessac deviendra le centre principal, tandis que les fonctions qui ne peuvent supporter de délai resteront présentes sur les autres sites.
Une pièce du programme Nouveau CHU
L’institut représente l’une des premières réalisations visibles du vaste plan de modernisation engagé par l’établissement. Le programme prévoit environ 1,4 milliard d’euros d’investissements jusqu’en 2037, répartis entre Pellegrin, Saint-André, Haut-Lévêque, Xavier-Arnozan et un établissement pour personnes âgées à Lormont. Le dossier complet consacré au Nouveau CHU détaille les différentes opérations annoncées.

Pour Pessac, le projet confirme la montée en puissance du campus hospitalier de Haut-Lévêque. Pour le CHU, il doit surtout rendre une fonction stratégique plus fluide, plus robuste et mieux équipée. La livraison attendue en 2028 ouvrira ensuite une phase délicate : transférer les services et leurs machines sans interrompre une activité essentielle aux soins quotidiens.
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