Sur le quai des Queyries, à Bordeaux, La Vallée Verte vient d’être livrée au cœur de Bastide Niel. Derrière ses façades minérales, cet ensemble de 70 logements cache une cour circulaire généreusement plantée, prolongée par des terrasses et des loggias végétalisées. Le projet signé MVRDV place la nature, la lumière et l’adaptation au climat au centre de la vie résidentielle.
Un jardin caché derrière trois bâtiments
Depuis la rue, l’opération affiche une silhouette claire et anguleuse, fidèle au vocabulaire architectural du nouveau quartier. Le changement de décor se produit une fois le seuil franchi. Trois bâtiments entourent un vaste patio circulaire, creusé comme un cratère et couvert de végétation du rez-de-chaussée jusqu’aux étages supérieurs. Le contraste entre l’extérieur lisse et ce cœur foisonnant constitue la signature du programme.

Arbustes fleuris, petits arbres, essences persistantes et plantes caduques occupent des bacs de tailles variées le long des loggias. Leur répartition selon les hauteurs cherche à reproduire le fonctionnement d’une vallée naturelle. La végétation devient ainsi une composante de l’architecture, et non un habillage ajouté au terme du chantier. La présentation complète du projet permet de découvrir la conception de La Vallée Verte et ses espaces plantés.
Des logements pensés pour plusieurs façons d’habiter
L’ensemble réunit 70 appartements aux surfaces et configurations variées. Cette diversité doit accueillir aussi bien de jeunes primo-accédants que des familles plus nombreuses. Les logements tournés vers la cour bénéficient d’ouvertures toute hauteur donnant sur des espaces extérieurs privatifs. Le jardin intérieur forme un lieu protégé, visible depuis les habitations, où résidents et visiteurs peuvent faire une pause à l’écart de l’activité du quai.
Une crèche est également installée au rez-de-chaussée de l’un des bâtiments. Elle dispose d’un espace extérieur abrité dans la cour, ajoutant un usage quotidien au paysage végétal. La Vallée Verte ne se résume donc pas à une image spectaculaire : elle associe logements, accueil de la petite enfance et espaces communs dans une parcelle triangulaire particulièrement contrainte.
La question décisive de l’entretien

Un immeuble très planté ne peut fonctionner durablement sans organisation précise. Pour éviter que les jardins ne dépendent uniquement des habitants, les architectes ont aménagé un passage continu permettant aux jardiniers professionnels de circuler le long des balcons. Des ouvertures pratiquées dans les murs structurels relient les terrasses, tandis que des portes métalliques séparent les propriétés.
Le détail le plus amusant se trouve dans leur forme : les passages dessinent la silhouette d’un jardinier coiffé d’un large chapeau. Cette circulation technique rend possible un entretien régulier sans traverser les appartements. Elle rappelle surtout que la réussite du projet se jugera dans plusieurs années, lorsque les plantes auront grandi et que leur santé dépendra autant du suivi horticole que de la qualité initiale des aménagements.
Une réponse locale à la chaleur et au risque d’inondation
Les tuiles gris clair des façades et des toitures ont été choisies pour limiter l’accumulation de chaleur. Les formes inclinées, issues du principe des « suncuts », garantissent à chaque bâtiment un minimum d’ensoleillement direct sans écraser son voisin. Le réseau de chaleur et les panneaux photovoltaïques complètent le dispositif énergétique.

La proximité de la Garonne impose aussi de penser l’eau. Les sols sont conçus pour faciliter l’absorption des pluies et le passage d’une éventuelle crue, tandis que les logements bas sont surélevés. Pour replacer l’immeuble dans son environnement, Bordeaux Métropole propose de consulter le programme urbain détaillé de Bastide Niel, quartier de 35 hectares aménagé sur d’anciennes friches ferroviaires et militaires. Ce paysage habité devra désormais faire ses preuves face aux étés chauds, aux besoins en eau et aux contraintes d’entretien.
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