Coup de théâtre à Castelmoron-d’Albret. Le tribunal administratif de Bordeaux a annulé les dernières élections municipales dans cette commune girondine connue pour être le plus petit village de France. Une décision qui fait suite à un recours déposé après un scrutin particulièrement serré, où seulement deux voix séparaient les deux listes candidates.
Lors des élections municipales organisées en mars dernier, la liste conduite par François Migaud s’était imposée avec 25 voix contre 23 pour celle menée par Florence Castéra. Sur seulement 48 votants, chaque bulletin avait donc une importance capitale dans le résultat final.

Mais l’élection a rapidement fait l’objet d’une contestation. En cause : la validation des bulletins de la liste battue. Tous les bulletins de cette dernière avaient été déclarés nuls en raison d’une irrégularité concernant l’une des candidates. La nationalité portugaise de cette candidate n’avait pas été mentionnée sur les documents électoraux, une obligation prévue par la réglementation pour les ressortissants européens se présentant à une élection municipale en France.
Cette situation a eu des conséquences importantes sur le résultat du scrutin. Si les bulletins n’avaient pas été annulés, la liste de Florence Castéra aurait pu obtenir un siège au sein de l’opposition municipale.
Face à cette situation, un recours a été déposé devant la justice administrative. Après examen du dossier, le tribunal administratif de Bordeaux a finalement décidé d’annuler l’élection municipale.
Une nouvelle élection en perspective
Cette décision ouvre désormais une période d’incertitude pour la commune. Le maire élu, François Migaud, dispose encore de la possibilité de contester le jugement devant le Conseil d’État. À ce stade, aucune décision définitive n’a été annoncée concernant un éventuel appel.
Si le jugement est confirmé, les habitants de Castelmoron-d’Albret devront retourner aux urnes afin d’élire un nouveau conseil municipal. Les deux camps ont d’ores et déjà indiqué leur intention de se représenter si un nouveau scrutin est organisé.

Une gestion provisoire assurée par l’État
Dans l’attente d’une issue définitive, la commune est administrée par une délégation désignée par la préfecture. Cette solution permet d’assurer la continuité des affaires courantes et le fonctionnement des services municipaux.
Cette affaire rappelle l’importance du respect des règles électorales, même dans les plus petites communes. À Castelmoron-d’Albret, où quelques dizaines de voix suffisent à décider de l’avenir de la municipalité, la moindre irrégularité peut avoir des conséquences déterminantes sur le résultat final.
Pour les habitants du plus petit village de France, l’avenir politique local pourrait donc bientôt se jouer une nouvelle fois dans les urnes.
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