La préfecture de la Gironde a décidé de durcir le ton face à la progression inquiétante de l’usage détourné du protoxyde d’azote. Un arrêté préfectoral, entré en vigueur ce 23 juin 2026, interdit désormais la vente, le transport et la détention de ce gaz lorsqu’il est destiné à un usage récréatif. Une mesure exceptionnelle qui s’appliquera durant toute la période estivale afin de lutter contre un phénomène en forte augmentation dans le département.
Une consommation en forte hausse en Gironde
Longtemps utilisé principalement dans le secteur alimentaire, notamment pour la fabrication de crème chantilly, le protoxyde d’azote, parfois surnommé « gaz hilarant », est aujourd’hui largement détourné de son usage initial.
Inhalé à des fins récréatives, ce gaz provoque des effets euphorisants de courte durée qui séduisent particulièrement certains jeunes consommateurs. Cependant, derrière cette apparente banalité se cachent des risques sanitaires parfois très graves. Face à cette situation, les autorités constatent une augmentation significative des usages illicites sur l’ensemble du territoire girondin.
Une interdiction renforcée jusqu’à la fin septembre
L’arrêté pris par la préfecture ne se limite pas à la seule vente du produit. Il interdit également au grand public de détenir, transporter ou utiliser du protoxyde d’azote dans l’espace public, sous quelque forme que ce soit.
Les seules exceptions concernent les professionnels pouvant justifier d’un usage légitime dans le cadre de leur activité.
Concrètement, les forces de l’ordre peuvent désormais contrôler et verbaliser les personnes trouvées en possession de bonbonnes ou de cartouches utilisées à des fins récréatives. Cette décision vise notamment à limiter les rassemblements et consommations observés dans plusieurs communes du département ces derniers mois.

Des saisies de plus en plus nombreuses
Les chiffres communiqués par les services de l’État illustrent l’ampleur du phénomène. Entre janvier et mai 2026, 127 infractions liées au protoxyde d’azote ont été recensées sur les territoires couverts par les services de police de Bordeaux et d’Arcachon.
Les saisies réalisées ces derniers mois témoignent également de cette progression :
- 63 bonbonnes saisies à Lormont en janvier ;
- 60 nouvelles bonbonnes saisies dans la même commune en avril ;
- 32 bonbonnes découvertes à Villenave-d’Ornon en mai ;
- 20 bonbonnes saisies à Mérignac en juin.
Ces chiffres montrent une présence croissante du protoxyde d’azote dans plusieurs secteurs de la métropole bordelaise.
Des risques importants pour la santé
Si certains consommateurs perçoivent encore ce produit comme une substance peu dangereuse, les professionnels de santé tirent régulièrement la sonnette d’alarme.
L’inhalation répétée de protoxyde d’azote peut provoquer des conséquences neurologiques parfois sévères : troubles de la sensibilité, difficultés à marcher, atteintes de la moelle épinière ou encore carences importantes en vitamine B12.
Selon les données communiquées par la préfecture, les cas graves d’intoxication ont été multipliés par douze ces dernières années. Une évolution qui inquiète particulièrement les autorités sanitaires et les services hospitaliers.

Une mobilisation des pouvoirs publics
Avec cette nouvelle réglementation temporaire, la préfecture espère limiter la circulation du produit pendant la période estivale, souvent marquée par une augmentation des rassemblements festifs. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de prévention et de lutte contre les conduites addictives chez les jeunes.
Les autorités rappellent également que la vigilance des familles, des établissements scolaires et des professionnels de santé demeure essentielle pour prévenir les risques liés à la consommation détournée de protoxyde d’azote.
Face à un phénomène devenu préoccupant, la Gironde choisit donc de renforcer son arsenal réglementaire afin de protéger la population et limiter les conséquences sanitaires de cette pratique en plein essor.
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