C’est une décision qui suscite de nombreuses inquiétudes en Gironde. Moins de deux ans après son ouverture, l’unité de soins palliatifs du Centre hospitalier Robert-Boulin de Libourne suspend son activité à partir du 30 juin 2026. En cause : une pénurie de médecins qui ne permet plus de garantir une prise en charge sécurisée des patients. Si l’hôpital assure maintenir l’accompagnement des personnes nécessitant des soins palliatifs, cette fermeture met en lumière les difficultés de recrutement auxquelles sont confrontés de nombreux établissements de santé.
Une fermeture imposée par le manque de médecins

Ouverte en octobre 2024, l’unité de soins palliatifs du centre hospitalier de Libourne avait été créée pour accompagner les patients atteints de maladies graves et évolutives nécessitant une prise en charge spécialisée.
Mais malgré plusieurs mois de recherches, la direction de l’établissement n’est pas parvenue à recruter un médecin supplémentaire pour renforcer l’équipe médicale. Le seul praticien assurant jusqu’ici le fonctionnement de l’unité ne peut plus garantir, à lui seul, la continuité des soins.
Face à cette situation, l’hôpital a pris la décision de suspendre l’activité de son unité spécialisée à compter du 30 juin. Selon la direction, cette décision est exclusivement liée aux difficultés de recrutement et non à des considérations budgétaires.
Douze lits spécialisés concernés
L’unité disposait de 12 lits entièrement dédiés aux soins palliatifs, destinés aux patients dont l’état de santé nécessitait un accompagnement spécifique.

Les soins palliatifs ont pour objectif de soulager les douleurs, d’améliorer la qualité de vie des personnes atteintes d’une maladie grave et d’accompagner également leurs proches. Cette prise en charge mobilise habituellement une équipe pluridisciplinaire composée de médecins, infirmiers, aides-soignants, psychologues et autres professionnels spécialisés.
L’accompagnement des patients maintenu
Si l’unité ferme temporairement, le centre hospitalier assure que les patients continueront d’être pris en charge. L’établissement précise que des lits identifiés « soins palliatifs » resteront disponibles dans plusieurs services de l’hôpital afin d’assurer la continuité des soins lorsque cela sera nécessaire.
L’équipe mobile de soins palliatifs poursuivra également son activité auprès des patients hospitalisés et accompagnera les équipes médicales dans les différentes unités de soins. Par ailleurs, la quinzaine de professionnels paramédicaux qui travaillaient au sein de l’unité sera redéployée dans d’autres services du centre hospitalier.
Une pénurie de praticiens qui touche de nombreux établissements
La situation rencontrée à Libourne reflète une problématique plus large observée dans de nombreux hôpitaux français. Le recrutement de médecins hospitaliers devient de plus en plus complexe, notamment dans certaines spécialités comme les soins palliatifs, la psychiatrie, les urgences ou encore l’anesthésie-réanimation.
Cette pénurie contraint régulièrement les établissements à réduire leur activité, fermer temporairement certains services ou réorganiser leurs équipes afin de maintenir un niveau de prise en charge sécurisé.

Un enjeu majeur pour la Gironde
La suspension de cette unité spécialisée intervient alors que les besoins en soins palliatifs continuent de progresser avec le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques.
Pour les familles concernées, cette décision représente une source d’inquiétude, même si l’hôpital insiste sur le maintien de solutions d’accompagnement au sein de ses autres services.
Le Centre hospitalier Robert-Boulin affirme poursuivre activement ses recherches afin de recruter de nouveaux praticiens et espère pouvoir rouvrir cette unité dès que les conditions médicales permettront d’assurer un fonctionnement conforme aux exigences de sécurité et de qualité des soins.
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