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Gironde : un commerçant publie la vidéo de son voleur et s’expose à des poursuites

Victime d’un vol dans son établissement, un restaurateur de Saint-André-de-Cubzac, en Gironde, a choisi de diffuser sur les réseaux sociaux les images de vidéosurveillance montrant la femme qu’il soupçonne d’être à l’origine des faits. Une initiative qui suscite de nombreuses réactions et relance le débat sur les limites entre protection des commerçants et respect du droit à l’image ainsi que de la présomption d’innocence.

Un vol découvert grâce aux caméras de vidéosurveillance

Crédit : Facebook O Pizz Burger

Les faits remontent à la semaine dernière dans une pizzeria de Saint-André-de-Cubzac. Selon le gérant de l’établissement, une cliente se serait présentée au comptoir pour commander une pizza avant de détourner l’attention d’un employé. En consultant les images de vidéosurveillance deux jours plus tard, le restaurateur affirme avoir découvert que le monnayeur de la caisse avait disparu et soupçonne la cliente filmée d’être à l’origine du vol.

Estimant avoir identifié le déroulement des faits, il décide alors de partager une première capture d’écran sur les réseaux sociaux, en prenant soin de masquer le visage de la personne concernée.

Des témoignages qui poussent le commerçant à aller plus loin

Après cette première publication, le restaurateur affirme avoir reçu de nombreux messages d’autres commerçants. Selon lui, plusieurs professionnels de Saint-André-de-Cubzac, mais également d’autres communes de Gironde comme Ambarès-et-Lagrave ou Artigues-près-Bordeaux, disent reconnaître la femme et évoquent des faits similaires.

Fort de ces témoignages, le gérant prend alors une décision plus radicale : il publie une nouvelle fois les images de vidéosurveillance, cette fois sans masquer le visage de la personne qu’il présente comme la suspecte.

Son objectif, explique-t-il, est d’aider les commerçants à identifier cette personne et de faciliter son éventuelle interpellation par les forces de l’ordre.

Une démarche qui expose à des risques juridiques

Cette initiative soulève toutefois d’importantes questions juridiques. En France, la diffusion publique de l’image d’une personne présentée comme l’auteur présumé d’une infraction peut porter atteinte au droit à l’image ainsi qu’au principe fondamental de la présomption d’innocence.

Le commerçant affirme être pleinement conscient des risques auxquels il s’expose. Il reconnaît que cette publication pourrait entraîner des poursuites judiciaires, tout en estimant agir dans l’intérêt des autres commerçants confrontés à des vols répétés.

Une enquête toujours en cours

De leur côté, les services de gendarmerie ont ouvert une enquête afin de faire toute la lumière sur cette affaire. À ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée et la personne apparaissant sur les images bénéficie toujours de la présomption d’innocence.

Cette affaire illustre les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux commerçants face aux vols du quotidien. Entre volonté de protéger leur activité et nécessité de respecter le cadre légal, la frontière reste parfois délicate à trouver. Si la vidéosurveillance constitue un outil précieux pour les enquêteurs, sa diffusion publique demeure strictement encadrée par la loi française.

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