Sa silhouette de brique orangée domine Villeneuve-sur-Lot comme si elle avait toujours appartenu à la bastide. Pourtant, l’église Sainte-Catherine est relativement récente : son chantier commence en 1898 et s’achève près de quarante ans plus tard. Derrière son imposant clocher se découvrent des matériaux audacieux, une vaste fresque et surtout des vitraux Renaissance sauvés de l’ancienne église médiévale. Un contraste architectural particulièrement saisissant.

Un édifice plus jeune qu’il n’y paraît
Au milieu du XIXe siècle, l’ancienne église du XIIIe siècle est devenue trop vétuste. L’abbé Grenouilheau souhaite la remplacer, mais le projet avance lentement. Georges Leygues, homme politique originaire de la ville, lui donne une impulsion décisive et sollicite l’architecte Jules-Édouard Corroyer.
Élève de Viollet-le-Duc et spécialiste des monuments historiques, Corroyer abandonne finalement le néogothique pour une inspiration romano-byzantine. Il choisit la brique industrielle locale, des planchers métalliques et un dallage en ciment, des solutions modernes pour l’époque qui distinguent nettement le monument. Pour replacer cette découverte dans son territoire, la Ville de Villeneuve-sur-Lot propose également des repères et des ressources complémentaires.
Quarante années de chantier
Les travaux commencent en 1898. Après la mort de Corroyer, l’architecte municipal Gaston Rapin reprend le projet et ajoute des références régionales au porche et au clocher. Les difficultés financières puis la Première Guerre mondiale ralentissent encore la construction.
L’église est consacrée en 1937. Son clocher de 55 mètres, terminé plus tôt, adopte une partie supérieure octogonale qui évoque Saint-Sernin de Toulouse. Visible depuis la campagne, il donne à la bastide un repère monumental inattendu au bord du Lot.

Une architecture de lumière et de couleur
À l’intérieur, une nef accompagnée de bas-côtés dégage un volume ample. Les cercles, les rythmes réguliers et la polychromie des matériaux structurent l’espace. Les chapiteaux sculptés par Antoine Bourlange s’inspirent notamment des grands ensembles romans de Moissac et Toulouse.
La fresque de Maurice Réalier-Dumas représente une procession de soixante-dix saints. Elle dialogue avec la lumière filtrée par les verrières et rappelle le rôle de Georges Leygues, ami de l’artiste, dans la réalisation d’un édifice pensé autant comme lieu de culte que comme manifeste artistique. Les informations utiles et les conditions d’accès peuvent être vérifiées auprès de Lot-et-Garonne Tourisme.
Des vitraux Renaissance miraculeusement conservés

La grande surprise vient des vitraux récupérés dans l’ancienne église. Une série consacrée à la Passion date des environs de 1530. D’autres scènes du XVIe siècle, dont les anges ensevelissant sainte Catherine, ont été remontées le long des bas-côtés.
Avant la visite, il est prudent de vérifier les horaires d’ouverture, qui peuvent dépendre des offices et des événements. Sainte-Catherine s’intègre facilement à une promenade dans la bastide, entre tours médiévales, place Lafayette et berges du Lot. Son contraste entre enveloppe moderne et œuvres anciennes mérite le détour.
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