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Bordeaux : la brebis landaise au cœur d’une animation sur l’écopastoralisme

Petite, rustique et longtemps indissociable des paysages de Gascogne, la brebis landaise retrouve aujourd’hui une fonction très actuelle. Mercredi 16 septembre, le Conservatoire des races d’Aquitaine présente ce patrimoine vivant à la réserve écologique des Barails. L’animation permettra de comprendre pourquoi cette race locale menacée d’abandon participe désormais à la gestion écopastorale des prairies bordelaises.

Une race façonnée par les Landes de Gascogne

Avant l’extension de la forêt cultivée, les troupeaux parcouraient les landes, les marais et les pâturages communaux. Le mouton landais contribuait alors à la fertilité de sols pauvres et accompagnait l’économie rurale. Selon le Conservatoire des races d’Aquitaine, les effectifs dépassaient le million de têtes au début du XIXe siècle avant de s’effondrer avec la transformation du territoire et l’agriculture intensive.

La race a même été considérée comme disparue autour de 1965. Sa sauvegarde s’est organisée à partir de quelques souches retrouvées entre les années 1970 et 1990. Préserver ces animaux revient donc à maintenir une diversité génétique, mais aussi une histoire agricole intimement liée à la Gironde, aux Landes et au Lot-et-Garonne.

La brebis landaise se reconnaît à son petit format, sa laine aux couleurs variées et sa remarquable aptitude à parcourir les milieux ouverts.

Un animal adapté aux milieux difficiles

La brebis landaise est de petit format, avec des membres fins qui en font une bonne marcheuse. Sa laine peut être blanche, grise, noire ou brune, et ses couleurs varient fortement d’un individu à l’autre. Peu sélectionnée pour une production intensive, elle a conservé une qualité essentielle : une grande rusticité et la capacité de valoriser des végétations peu recherchées par d’autres animaux.

Ces caractéristiques expliquent son intérêt pour l’écopastoralisme. En pâturant, le troupeau contient certaines herbes, limite l’embroussaillement et entretient les prairies sans passage systématique d’engins. Cette méthode ne consiste pas simplement à « tondre avec des moutons » : elle demande d’ajuster le nombre d’animaux, la durée de présence et les périodes de pâturage aux besoins du milieu.

Aux Barails, le troupeau contribue à entretenir les prairies tout en limitant le recours aux interventions mécaniques sur les espaces naturels.

Aux Barails, un outil de gestion écologique

La réserve écologique des Barails offre un terrain d’observation privilégié. Ses prairies, boisements et zones humides forment un ensemble où l’entretien doit préserver les habitats. Le pâturage extensif crée une mosaïque de végétations favorable à de nombreuses espèces, à condition d’être conduit avec précision. Le rôle du troupeau s’inscrit donc dans une gestion globale du site.

L’animation doit permettre de rencontrer les brebis, d’observer leur morphologie et de poser des questions sur leur alimentation ou leur conduite. Elle donnera aussi des repères sur les bénéfices et les limites de l’écopâturage, un sujet que l’Office français de la biodiversité replace dans les pratiques de gestion des espaces naturels et de protection des habitats.

L’animation explique comment la sauvegarde d’une race locale peut rejoindre les objectifs contemporains de biodiversité et de gestion écologique.

Un rendez-vous court et gratuit

L’animation se tient mercredi 16 septembre 2026, de 14 h à 14 h 45, à la réserve écologique des Barails, à Bordeaux. Elle est proposée gratuitement par le Conservatoire des races d’Aquitaine, en partenariat avec Bordeaux Métropole. Le public est accueilli à partir de 15 ans et la réservation est obligatoire. En quarante-cinq minutes, la rencontre relie ainsi patrimoine régional, élevage et entretien écologique d’un espace naturel urbain.

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