Ray Charles et Frank Sinatra ne seront pas sur scène à Bordeaux vendredi 18 septembre. Leur répertoire, si. Aux Vivres de l’Art, la première Jazz Session de Lyris Music réunira Stéphane Séva au chant et au washboard, Hervé Saint Guirons au clavier et Chuchi Garcia à la contrebasse. Deux concerts d’une heure sont proposés, à 19 heures et à 21 heures. Le trio promet une lecture resserrée de chansons que beaucoup connaissent par leurs versions orchestrales.
Deux voix majeures, un même trio
Le rapprochement n’a rien d’évident. Sinatra évoque les grands standards américains, le phrasé souple et les arrangements sophistiqués. Ray Charles a fait se rencontrer gospel, blues, jazz et rhythm and blues, avec une façon de chanter immédiatement reconnaissable. Une soirée commune pourrait se contenter d’aligner leurs titres les plus célèbres. Le choix d’une formation réduite crée plutôt une épreuve musicale : tenir ces chansons sans le poids d’un grand orchestre.
Stéphane Séva assurera la voix et le washboard, instrument de percussion dont le son peut ajouter une pulsation sèche au chant. Le clavier d’Hervé Saint Guirons et la contrebasse de Chuchi Garcia compléteront ce format à trois. Dans un tel effectif, aucun musicien ne peut se cacher derrière l’arrangement. Le rythme, les silences et les changements d’énergie deviennent plus visibles. C’est aussi une manière de rendre des classiques familiers moins prévisibles.

Des standards annoncés, de Sinatra à Ray Charles
Le programme communiqué mêle notamment « Fly Me to the Moon », « My Way », « New York, New York » et « Strangers in the Night » au versant Sinatra. Pour Ray Charles, « Georgia on My Mind », « I’ve Got a Woman », « Unchain My Heart » et « Hallelujah I Just Love Her So » figurent parmi les titres annoncés. La sélection donne une idée de l’amplitude de la soirée : ballades, swing et chansons portées par une énergie plus proche du blues.
Il faudra voir comment le trio fait passer l’auditeur d’un univers à l’autre. L’enjeu n’est pas d’imiter les voix originales, impossibles à remplacer, mais de retrouver ce qui rend ces compositions vivantes. Une chanson très connue supporte mal la copie pure. En lui retirant ses arrangements les plus célèbres, les musiciens peuvent en faire réapparaître la mélodie, la structure et les mots. C’est sur cette promesse d’interprétation que repose la Jazz Session.

Les Vivres de l’Art comme écrin
La soirée se tient dans les anciens Vivres de la Marine, à Bacalan. Cet ensemble du XVIIIe siècle, classé au titre des monuments historiques, abrite aujourd’hui des ateliers et des événements artistiques. La présentation du site et de sa réhabilitation rappelle comment le projet culturel a pris place dans des bâtiments longtemps liés à l’histoire portuaire. La musique de vendredi s’inscrira donc dans un lieu qui a déjà changé de fonction sans perdre sa présence architecturale.
Le format prévoit deux sessions distinctes plutôt qu’une longue soirée de concert. La première se déroule de 19 heures à 20 heures, la seconde de 21 heures à 22 heures. Bar et restauration légère sont annoncés sur place, mais le cœur du rendez-vous reste le jeu du trio. La billetterie de la Jazz Session affiche les places disponibles et les catégories de placement ; les tarifs commencent à 19,90 euros selon la communication du lieu.

Un hommage qui devra trouver sa propre voix
Les hommages à Sinatra et Ray Charles sont nombreux. Celui-ci se distingue par la taille de l’ensemble et par la proximité annoncée avec le public. La réussite ne dépendra pas de la ressemblance avec un disque célèbre, mais de la liberté prise sur scène par les trois musiciens. Aux Vivres de l’Art, deux répertoires populaires se croiseront pendant une heure, sans jamais perdre leur identité, dans un cadre où chaque note pourra compter.
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