ActuNews

Canicules : dix millions d’euros pour adapter cent lycées en Nouvelle-Aquitaine

Des classes qui surchauffent, des élèves qui protestent, puis une enveloppe annoncée en urgence : la Région Nouvelle-Aquitaine veut consacrer 10 millions d’euros à l’adaptation d’environ cent lycées aux canicules d’ici mai 2027. Le projet arrive devant les élus régionaux les 12 et 13 octobre. Il ne s’agit pas encore d’une liste de chantiers arrêtée ; les établissements concernés et les aménagements retenus devront être précisés après l’examen du dossier.

Cent lycées visés, mais lesquels seront prioritaires ?

La chaleur n’a pas attendu l’été pour entrer dans le débat scolaire. Les mobilisations récentes de lycéens en Gironde ont rappelé qu’une salle difficile à supporter peut perturber une journée de cours entière, aussi bien pour les élèves que pour les personnels. La réponse régionale promet d’aller vite, avec une échéance fixée avant l’été prochain, mais elle devra être assez ciblée pour traiter les bâtiments où le besoin est le plus pressant.

Le chiffre de cent lycées donne la mesure du projet : la Nouvelle-Aquitaine compte 293 lycées publics, fréquentés par plus de 177 000 élèves à cette rentrée. Tous ne présentent pourtant ni la même exposition, ni les mêmes contraintes de construction. Dans son avis sur le plan d’urgence, le Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) salue la nécessité d’agir, tout en réclamant des critères plus clairs pour choisir les établissements prioritaires.

Le plan de 10 millions d’euros doit accélérer l’adaptation d’une centaine de lycées néo-aquitains aux fortes chaleurs avant mai 2027.

C’est là que se jouera une grande partie de l’efficacité du dispositif. Un lycée dont les façades reçoivent le soleil toute l’après-midi ne réclame pas forcément les mêmes travaux qu’un établissement où la cour minérale accumule la chaleur. La Région prévoit un diagnostic des bâtiments les plus vulnérables, avant de déterminer où installer des protections ou engager des rénovations plus lourdes.

Des protections rapides et des bâtiments à reprendre

Sa stratégie d’adaptation des lycées présente déjà plusieurs réponses possibles : brise-soleil, brasseurs d’air, ventilation nocturne, peintures claires sur les toits et végétalisation. Isolation et menuiseries performantes relèvent d’un travail plus structurel. Le programme soumis aux élus doit encore dire ce qui sera financé dans chaque établissement ; l’annonce des 10 millions ne signifie pas que toutes ces solutions seront déployées partout.

La végétalisation illustre cette différence entre une orientation et sa traduction sur le terrain. Plus de 36 projets ont, selon la Région, permis de rendre 25 000 mètres carrés à la nature dans les lycées. Planter ou désimperméabiliser peut rendre les abords moins étouffants, mais ne remplace pas le traitement d’une salle de classe exposée. À l’inverse, équiper une salle sans examiner le reste du bâtiment risque de déplacer le problème plutôt que de le résoudre.

Protections solaires, ventilation et végétalisation figurent parmi les solutions étudiées pour réduire l’inconfort thermique dans les établissements les plus exposés.

L’urgence budgétaire n’efface pas cette question de fond. La Région indique avoir voté 169,7 millions d’euros pour la modernisation des lycées en 2026, une enveloppe bien plus large que le plan consacré aux fortes chaleurs. Le CESER demande que les interventions rapides s’inscrivent dans une politique suivie sur plusieurs années, plutôt que dans une succession de réponses après chaque épisode caniculaire.

Après la colère des élèves, l’épreuve du calendrier

L’instance insiste aussi sur la place des lycéens dans les décisions. Après les manifestations, elle appelle la Région à renforcer leur consultation et à prendre leurs préoccupations en compte. Les retours des élèves peuvent signaler les salles et les moments de la journée les plus difficiles à supporter ; les diagnostics techniques devront ensuite préciser quelles interventions sont possibles dans chaque bâtiment.

Après les mobilisations lycéennes, le choix des établissements prioritaires et l’écoute des élèves seront deux points suivis lors de l’examen du plan.

Le vote des 12 et 13 octobre dira si l’enveloppe est adoptée. Viendra ensuite l’étape que les annonces ne peuvent remplacer : publier les lycées retenus, préciser les travaux et tenir le calendrier annoncé jusqu’en mai 2027. Pour les élèves, c’est à cette aune que le plan sera jugé, lorsque les prochaines fortes chaleurs reviendront.

À lire aussi : Tram A : circulation interrompue entre Pin Galant et Le Haillan du 18 au 25 octobre

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page