Au Cap-Ferret, la création en urgence d’un pare-feu pendant les incendies de juillet 2026 provoque désormais un conflit juridique. Le maire de Lège-Cap-Ferret envisage de poursuivre Benoît Bartherotte pour des travaux engagés sans autorisation préalable sur un terrain relevant de l’Office national des forêts. L’intéressé défend une initiative destinée à protéger les habitations, dont la poursuite aurait ensuite été autorisée par la préfecture.

Un pare-feu créé dans l’urgence face aux flammes
Alors que l’incendie parti de Saumos menaçait la presqu’île, plusieurs opérations de déboisement ont été menées pour établir des barrières de protection. TF1 recensait quatre chantiers de pare-feu à Lège-Cap-Ferret, mobilisant habitants, militaires et entreprises spécialisées. Sur certaines zones, les pins ont été abattus sur une largeur d’environ cinquante mètres.
Benoît Bartherotte, propriétaire à la pointe du Cap-Ferret, a lui aussi mobilisé des équipes et des engins. Selon les éléments rapportés par France 3 Nouvelle-Aquitaine, le chantier aurait débuté sans les autorisations administratives préalables, sur une parcelle appartenant ou gérée par l’Office national des forêts. C’est ce point qui se trouve aujourd’hui au centre du désaccord.
La mairie conteste une initiative privée
Le maire de Lège-Cap-Ferret, Philippe de Gonneville, dénonce les conditions dans lesquelles l’opération a été engagée et souhaite donner une suite judiciaire au dossier. Son argument ne porte pas seulement sur l’utilité d’un pare-feu en période de crise, mais sur le droit d’intervenir sur une parcelle publique, l’autorité compétente et le respect d’une stratégie coordonnée de lutte contre l’incendie.
Dans ce type de situation, un déboisement peut modifier les accès, les continuités forestières et l’organisation des secours. La mairie estime donc qu’une action individuelle ne peut se substituer aux décisions des services compétents. À ce stade, l’annonce d’une volonté de poursuivre ne préjuge pas d’une infraction ni d’une condamnation. Il appartiendrait aux autorités judiciaires d’apprécier les faits, si une procédure est effectivement engagée.
Une autorisation préfectorale intervenue ensuite
La chronologie rend le dossier plus complexe. D’après France 3, Benoît Bartherotte a saisi la préfecture par courrier et celle-ci aurait, le 28 juillet, autorisé la poursuite de la construction du pare-feu. Cette décision postérieure peut encadrer la continuation du chantier, sans nécessairement régulariser rétroactivement toutes les opérations déjà réalisées.
L’homme d’affaires affirme pour sa part avoir agi afin de protéger la pointe et les habitations menacées. L’épisode s’inscrit dans un contexte exceptionnel : le Conseil des ministres du 27 juillet faisait état de 42 000 hectares parcourus par le feu dans le secteur de Saumos, de 220 000 évacuations et de 277 bâtiments détruits, touchés ou brûlés.
Un débat sur l’urgence et la décision publique
L’affaire pose une question dépassant les personnes concernées : jusqu’où une initiative privée peut-elle aller lorsqu’un territoire est menacé par un feu majeur ? L’urgence peut imposer des décisions rapides, mais les opérations forestières doivent aussi protéger les intervenants, respecter les propriétés et s’intégrer au dispositif des secours.

La commune rappelle par ailleurs régulièrement les restrictions applicables dans les massifs lors des vigilances élevées, notamment sur la circulation et l’emploi de moteurs. La controverse pourrait ainsi relancer le débat sur l’anticipation et l’entretien des dispositifs de défense autour de la presqu’île, afin que les responsabilités soient clairement définies avant la prochaine crise.
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