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Drones en Gironde : stratosphère, charges lourdes et essaims, quatre pistes à suivre

À Bordeaux, les drones professionnels ne se résument plus à la prise de vue aérienne. Quatre entreprises liées à la Gironde illustrent des usages très différents : X721 vise la stratosphère, Drone Volt présente un appareil capable d’emporter de lourdes charges, Icarus Swarms travaille sur les essaims et Kahé Nautic développe des propulsions électriques pour évoluer sur et sous l’eau. Après l’UAV Show d’octobre 2026, l’enjeu est de distinguer les démonstrateurs, les produits présentés et les missions encore à concrétiser.

Heliblade : la très haute altitude reste un objectif

Le projet le plus surprenant se joue loin au-dessus des toits bordelais. L’Heliblade de X721 repose sur de longues ailes mises en rotation et stabilisées par la force centrifuge. L’entreprise, accompagnée en Gironde par Bordeaux Technowest, veut à terme faire évoluer cet engin dans la stratosphère, autour de 20 kilomètres d’altitude, pour l’observation, les télécommunications ou la détection.

Son concept d’envergure exceptionnelle et de masse réduite entend occuper une couche située entre les avions classiques et les satellites, où l’endurance devient déterminante.

Le premier essai bordelais d’Heliblade a validé un vol contrôlé à basse altitude ; les missions stratosphériques demeurent un objectif de développement.

Un premier essai a eu lieu dans la région bordelaise le 24 juillet 2026, avec l’appui de l’armée de l’Air et de l’Espace et de la Direction générale de l’armement. Le compte rendu officiel de ce vol expérimental décrit environ quinze minutes à basse altitude : il validait le concept, pas encore un séjour de plusieurs mois à 20 kilomètres du sol. X721 vise d’autres essais avant un premier vol stratosphérique annoncé pour la fin 2028.

Drone Volt veut soulever jusqu’à 100 kilos

À l’autre extrémité des besoins, il faut parfois transporter du matériel là où un véhicule ne passe pas. Drone Volt, qui dispose d’une implantation à Saucats, a dévoilé à l’UAV Show 2026 son Hercules 100. Le constructeur annonce une charge utile maximale de 100 kilos pour cet octocoptère, avec des équipements interchangeables selon les missions.

La plateforme comporte notamment un pilotage à triple redondance et un radar d’évitement d’obstacles à l’avant, deux éléments mis en avant pour les opérations exigeantes.

Présenté lors de l’UAV Show 2026, l’Hercules 100 revendique une charge utile maximale de 100 kilos pour des missions professionnelles variées.

La fiche technique de l’Hercules 100 évoque notamment la logistique, la sécurité civile, la lutte contre les incendies et la défense. Elle annonce jusqu’à trente minutes de vol, durée qui dépend de la charge et des conditions d’utilisation. Ces caractéristiques décrivent une capacité revendiquée par le fabricant ; elles ne disent pas, à elles seules, quelles missions sont déjà déployées à grande échelle.

Essaims et propulsion sous-marine : deux autres voies girondines

À Bordeaux, Icarus Swarms se concentre sur la coordination de plusieurs appareils. Ses solutions associent notamment des drones aériens, terrestres ou maritimes pour des missions de reconnaissance, de cartographie et de détection. Dans un essaim, la question n’est plus seulement ce que voit un appareil isolé, mais la manière dont plusieurs machines partagent leurs données et agissent ensemble. L’entreprise présente ces technologies comme des outils destinés notamment aux forces armées.

Le principe répond à un besoin précis : multiplier les points de vue sans obliger chaque opérateur à piloter séparément tous les appareils.

Depuis Lacanau, Kahé Nautic suit une autre trajectoire. Ses moteurs électriques compacts peuvent propulser des paddles, des annexes de bateau ou des scooters sous-marins. La présentation régionale des entreprises à l’UAV Show place Kahé parmi les innovations exposées à Bordeaux. Il ne faut toutefois pas confondre un système de propulsion utilisable sous l’eau avec un drone autonome déjà opérationnel dans les grands fonds.

Les technologies girondines couvrent aussi la coordination d’essaims et la propulsion électrique sur l’eau ou sous l’eau, avec des maturités différentes.

Ces quatre approches montrent la largeur de la filière locale, du ciel à l’eau en passant par le transport de charge. Elles n’en sont pas au même stade industriel. Pour les acteurs girondins, les prochains jalons seront les essais, les commandes et la capacité à passer d’une démonstration réussie à un service réellement utilisé.

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