Présente dans de nombreux marais, étangs et cours d’eau de Nouvelle-Aquitaine, l’écrevisse de Louisiane bouleverse les milieux aquatiques. Très résistante et capable de se reproduire rapidement, cette espèce exotique envahissante concurrence les écrevisses locales, consomme plantes et petits animaux, et creuse des terriers qui fragilisent les berges. En Gironde, sa capture obéit à des règles strictes destinées à empêcher toute nouvelle dispersion.

Une espèce particulièrement bien adaptée
L’écrevisse de Louisiane, ou Procambarus clarkii, est originaire du sud des États-Unis et du nord-est du Mexique. Introduite pour l’élevage et la consommation, elle s’est largement répandue en Europe. Aquitaine Online revient sur cette progression et sur les conséquences observées dans le Sud-Ouest.
Son succès repose sur plusieurs avantages. Elle tolère des eaux chaudes, pauvres en oxygène et temporairement asséchées. Elle peut quitter l’eau pour gagner un autre secteur humide et se réfugie dans des terriers lorsque les conditions deviennent difficiles. Sa reproduction rapide favorise des populations très denses, capables d’occuper un plan d’eau en peu de temps.
La Gironde offre de nombreux habitats propices : marais du Médoc et du Blayais, fossés, étangs, zones humides et réseaux connectés à la Garonne ou à la Dordogne. L’a’urba classe l’écrevisse de Louisiane parmi les espèces exotiques envahissantes présentes en Gironde, aux côtés du frelon asiatique ou de la renouée du Japon.

Des impacts sur toute la biodiversité aquatique
Omnivore et opportuniste, cette écrevisse consomme des végétaux, des invertébrés, des œufs, des larves d’amphibiens et parfois de petits poissons. Lorsqu’elle devient abondante, elle modifie la végétation submergée et réduit les refuges disponibles pour d’autres espèces. Les mares et les étangs perdent alors une partie de leur diversité.
Elle entre aussi en compétition avec les écrevisses européennes, déjà fragiles. Comme d’autres espèces américaines, elle peut participer à la diffusion de la peste des écrevisses, une maladie souvent fatale aux espèces autochtones. Sa présence s’ajoute donc à la dégradation des habitats, à la pollution et au réchauffement des eaux.
Ses terriers constituent un autre problème. Les galeries peuvent atteindre les berges, les digues ou les canaux et accélérer leur érosion. Dans les zones gérées pour l’agriculture, la protection contre les inondations ou la conservation de la nature, les dommages deviennent également économiques.
Que faire lorsqu’on en capture une en Gironde ?
L’écrevisse de Louisiane ne doit jamais être déplacée vivante d’un plan d’eau à un autre. En Gironde, la Fédération départementale de pêche rappelle qu’en cas de capture, la remise à l’eau est interdite et que l’animal doit être tué sur place. Le transport vivant est fortement encadré afin d’éviter toute dissémination accidentelle.
La pêche reste soumise à la réglementation départementale, notamment concernant la carte de pêche, les secteurs autorisés, les engins utilisables et les périodes applicables. Avant toute opération, il faut consulter l’arrêté préfectoral de pêche en eau douce pour 2026 ou se renseigner auprès de la Fédération de pêche de la Gironde.

Une éradication souvent impossible après l’installation
Une fois l’espèce largement implantée, l’éliminer totalement devient très difficile. Des opérations ciblées peuvent réduire les effectifs dans une mare isolée, parfois grâce à une vidange et une mise à sec prolongée. Mais dans un réseau aquatique connecté, la recolonisation reste fréquente.
La priorité consiste donc à empêcher de nouvelles introductions, surveiller les zones encore préservées et protéger les populations d’écrevisses autochtones. Toute observation inhabituelle peut être signalée aux gestionnaires du site, à la Fédération de pêche ou aux structures naturalistes régionales, accompagnée d’une photo et d’un lieu précis.
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