À Galin, sur la rive droite de Bordeaux, le parking en silo ne sera pas construit. Bordeaux Métropole renonce au projet de parc-relais de 600 places qui devait prendre la place du stationnement actuel. Pour les riverains mobilisés contre cette construction, c’est un changement majeur. Mais l’autre attente du quartier, un jardin d’environ 5 000 m², n’est pas réglée : son avenir reste incertain.
Un parking en silo de 600 places définitivement écarté
Le projet de silo occupait les discussions locales depuis 2023. Prévu sur quatre niveaux, il devait porter l’offre de stationnement à 600 places pour un coût évalué à 18 millions d’euros. Des habitants redoutaient l’arrivée de davantage de voitures dans ce secteur de la Bastide. La contestation ne visait donc pas seulement l’aspect du bâtiment, mais aussi les déplacements qu’il aurait pu générer.
Le dossier avait d’abord été mis en pause après les élections municipales. Il est désormais présenté comme abandonné par Marc Lafosse, maire-adjoint du quartier. L’arrêt du silo ne signifie toutefois pas la disparition du stationnement à Galin : le parc-relais en surface existe toujours, rue Gustave-Eiffel. Sa fiche pratique publiée par Bordeaux Métropole permet de distinguer cet équipement ouvert du bâtiment qui ne verra pas le jour.

Pourquoi la Buttinière prend le relais de Galin
La justification avancée pour renoncer au silo tient à la géographie du réseau. Avant Galin, les automobilistes peuvent s’arrêter à la Buttinière, à Lormont, puis poursuivre leur trajet en tramway. Le choix consiste à intercepter les voitures plus tôt, plutôt qu’à augmenter la capacité d’accueil à l’intérieur de Bordeaux. C’est ce déplacement de la fonction de parc-relais qui change la lecture du projet.
Cette stratégie se traduit par un chantier déjà engagé à la Buttinière. Bordeaux Métropole prévoit 280 places supplémentaires dans ce parking, avec une capacité annoncée de 880 places à l’horizon 2028. Le site existant doit aussi être rénové. L’abandon de Galin ne correspond donc pas à un abandon général des parkings relais, mais à un autre emplacement pour leur développement.

Le projet de jardin Galin reste à confirmer
À Galin, cette décision met fin à une partie du conflit, pas au débat sur l’usage du terrain. La construction du silo aurait occupé l’emplacement du parking de surface. Son retrait laisse ouverte la question de ce que deviendra cette emprise à plus long terme. Aucun calendrier de transformation en jardin ne découle automatiquement de l’arrêt du projet automobile.
Un espace vert d’environ 5 000 m² avait été envisagé pour le quartier. Des riverains et des élus d’opposition craignent désormais que ce jardin soit, lui aussi, abandonné. Cette crainte doit être distinguée d’une décision formelle : à ce stade, le devenir du projet de parc n’est pas clairement arrêté. Le titre « pas de parking, pas de parc » décrit donc deux situations très différentes.
Pour les habitants, l’enjeu dépasse une opposition binaire entre voitures et arbres. Il touche au cadre de vie autour des équipements du secteur, aux accès quotidiens et à la place disponible pour se retrouver dehors. Le futur jardin Galin ne peut être tenu pour acquis tant que la Ville n’a pas précisé son périmètre, son financement et ses échéances.

Ce qui existe encore sur le site
Reste aussi à savoir comment sera utilisé le stationnement en surface dans les prochaines années. L’équipement demeure référencé par la Métropole, tandis que le silo prévu au-dessus de ce site est abandonné. Les deux informations peuvent coexister, même si elles paraissent contradictoires au premier regard. La première concerne le présent ; la seconde, un projet de construction retiré.
Au final, Galin échappe à un parking de quatre étages, mais n’obtient pas pour autant la confirmation d’un parc. La prochaine décision attendue concerne le jardin : sans annonce précise sur son avenir, les habitants savent surtout ce qui ne sera pas construit.
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