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Gironde : les ingénieurs de Dassault à Mérignac vont concevoir le futur avion spatial Vortex

Le futur avion spatial réutilisable Vortex ne se dessinera pas uniquement dans les bureaux parisiens. Une partie de son développement sera menée à Mérignac, où les ingénieurs de Dassault Aviation participeront aux études du programme. Destiné à des missions civiles et militaires en orbite, ce projet franco-allemand pourrait aussi mobiliser, à terme, plusieurs sites industriels de Nouvelle-Aquitaine pour l’industrie aérospatiale régionale.

Le Vortex doit pouvoir effectuer des missions civiles ou militaires en orbite avant de revenir sur Terre pour être réutilisé. Crédit : Dassault Aviation

Vortex, un véhicule capable de revenir de l’orbite

Vortex est présenté comme un aéronef orbital réutilisable, à mi-chemin entre la navette spatiale et l’avion. Sa feuille de route doit permettre de transporter du matériel vers des stations spatiales, d’en revenir, mais aussi de réaliser des missions autonomes en orbite.

Dassault Aviation assure l’architecture générale et l’intégration du véhicule. Le constructeur veut s’appuyer sur son expérience des avions complexes, des commandes de vol et des systèmes capables d’évoluer dans des environnements extrêmes. Le programme possède une dimension duale : il pourra répondre à des besoins commerciaux comme à des missions militaires.

Une première étape doit prendre la forme d’un démonstrateur. Selon le calendrier annoncé dans la présentation officielle du programme Vortex, ce dernier pourrait effectuer son premier vol en 2028.

Les ingénieurs de Mérignac directement associés au programme

La Gironde occupera une place directe dans cette aventure. Le bureau d’études de Dassault étant réparti entre Saint-Cloud et Mérignac, des ingénieurs girondins travailleront sur la conception du Vortex. Cette participation renforce encore le rôle du site mérignacais, déjà associé au Rafale et à plusieurs programmes aéronautiques majeurs.

Les équipes du bureau d’études de Mérignac participeront à la conception du futur véhicule spatial aux côtés de celles de Saint-Cloud. Crédit : Dassault Aviation

La question d’une fabrication locale reste ouverte. Le groupe a demandé à ses usines de Nouvelle-Aquitaine de réfléchir aux conditions industrielles nécessaires pour produire certaines parties du futur avion spatial. Aucune répartition définitive n’est arrêtée, mais cette phase préparatoire peut déjà mobiliser les compétences régionales en structures, systèmes, matériaux et assemblage.

Pour l’écosystème bordelais, le projet représente une passerelle supplémentaire entre l’aéronautique historique et le secteur spatial en pleine transformation.

Une coopération européenne menée avec l’allemand OHB

Le développement sera conduit avec OHB, entreprise allemande spécialisée dans les systèmes spatiaux. Dassault restera l’architecte de l’avion et l’intégrateur global, tandis qu’OHB prendra en charge l’architecture et l’intégration du module de service. Ce partage des responsabilités doit constituer le noyau d’une proposition européenne destinée à l’Agence spatiale européenne.

Plusieurs industriels du continent sont déjà associés à la démarche : MT Aerospace en Allemagne, APCO Technologies en Suisse, Sener en Espagne, Sonaca en Belgique ou encore Space Cargo Unlimited au Luxembourg. Le projet entend ainsi rassembler une chaîne de compétences capable de renforcer l’autonomie européenne dans le transport et les opérations orbitales.

La France a officiellement annoncé son soutien au programme lors du Sommet international sur l’espace organisé à Paris. Le gouvernement allemand est également présenté comme favorable à cette coopération.

Le partenariat entre Dassault Aviation et OHB doit fédérer plusieurs industriels européens autour d’une nouvelle capacité de mobilité spatiale. Crédit : Dassault Aviation

Un enjeu de souveraineté pour l’Europe

Derrière Vortex se joue une question stratégique : la capacité de l’Europe à se déplacer dans l’espace sans dépendre entièrement de solutions étrangères. Pouvoir transporter une charge, revenir sur Terre et réutiliser un même véhicule ouvrirait de nouvelles possibilités pour la recherche, la logistique orbitale, l’entretien de satellites ou certaines missions de défense.

Le projet reste toutefois au début d’un parcours industriel long. Les études, le financement, les choix technologiques et la validation du démonstrateur devront précéder une éventuelle production en série. La contribution précise des établissements girondins se dessinera donc progressivement.

Pour Mérignac et la Nouvelle-Aquitaine, l’enjeu dépasse déjà le simple symbole. En participant aux premières études, les ingénieurs locaux prennent place dans un programme européen stratégique susceptible de façonner une nouvelle génération de véhicules spatiaux.

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