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Gironde : Space Cargo Unlimited et Novespace rapprochent essais en apesanteur et production en orbite

L’écosystème spatial girondin resserre ses liens. Space Cargo Unlimited, entreprise implantée à Bordeaux, entre au capital de Novespace, la filiale du CNES qui exploite l’Airbus A310 Zero G depuis Mérignac. Leur objectif est de proposer un parcours continu aux chercheurs et industriels : tester une technologie pendant quelques secondes d’apesanteur, la préparer pour l’orbite, puis organiser le retour des produits fabriqués dans l’espace.

Du vol parabolique à l’usine spatiale

Novespace organise des campagnes de vols paraboliques pour créer de brèves périodes de microgravité. À bord de l’A310 Zero G, scientifiques, ingénieurs et astronautes peuvent observer le comportement d’un matériau, d’un fluide ou d’un équipement sans attendre une mission orbitale. Cette étape réduit les risques et affine les protocoles avant un lancement, dans un environnement contrôlé au départ de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac.

Space Cargo Unlimited travaille sur l’étape suivante. Sa plateforme BentoBox doit accueillir des expériences et des productions en orbite sur différents véhicules, tandis que REV-1 est présenté comme une future usine spatiale capable de ramener du fret sur Terre. Le calendrier industriel publié par Space Cargo Unlimited prévoit une montée en puissance progressive des missions jusqu’au début de la prochaine décennie.

Le média temporaire sera remplacé par une photographie de l’Airbus A310 Zero G ou des équipes girondines concernées – Crédit : AirzeroG

Un partenariat industriel autour du CNES

Le CNES reste actionnaire majoritaire de Novespace. L’arrivée de SCU apporte un partenaire industriel privé qui connaît les marchés de la microgravité et le passage à l’échelle commerciale. Thomas Pesquet dirige Novespace depuis 2025. Cette gouvernance associe donc l’expérience institutionnelle du vol parabolique à une entreprise qui cherche à transformer des démonstrateurs scientifiques en services réguliers de fabrication en orbite.

La microgravité intéresse plusieurs domaines. Elle permet d’étudier des phénomènes masqués par le poids sur Terre, d’observer de nouvelles structures de matériaux ou de travailler sur des procédés biologiques. Les débouchés restent exigeants et coûteux, mais ils peuvent concerner la pharmacie, les nouveaux matériaux, l’électronique ou l’optique. Chaque projet doit toutefois démontrer qu’un passage par l’espace apporte une valeur réelle.

Les vols paraboliques offrent aux scientifiques de courtes périodes de microgravité avant le passage éventuel à une mission orbitale – Crédit : AirzeroG

Mérignac renforce sa place dans la chaîne spatiale

Pour la Gironde, le rapprochement rend plus visible une chaîne déjà présente localement : conception à Bordeaux, essais en apesanteur à Mérignac, préparation au vol orbital et retour des charges utiles. Les entreprises peuvent consulter les programmes et appels à projets du CNES pour suivre les dispositifs nationaux qui accompagnent la recherche et l’innovation spatiales.

Le contexte international accélère cette évolution. La fin annoncée de la Station spatiale internationale oblige les acteurs publics et privés à préparer de nouvelles plateformes. Les industriels veulent des missions plus fréquentes, des délais maîtrisés et une capacité de retour sur Terre, indispensable lorsque la valeur se trouve dans l’échantillon ou le produit fabriqué. La capacité de retour devient ainsi aussi importante que le lancement.

Ce rapprochement ne transforme pas encore Mérignac en usine orbitale, mais il relie deux briques concrètes et complémentaires. Novespace sait créer et exploiter des environnements de microgravité courte. SCU veut prolonger ces essais dans l’espace et proposer un service commercial complet. Pour Bordeaux et sa métropole, l’opération confirme que la nouvelle économie spatiale se construit aussi au sol, dans les laboratoires, les bureaux d’études et les hangars aéronautiques girondins.

La réussite dépendra maintenant de missions effectives, de clients industriels et d’un modèle économique compatible avec le coût des lancements. Les expérimentations devront être répétables et répondre aux normes des secteurs visés, en particulier pour la pharmacie ou les matériaux avancés. Le passage du laboratoire à la production commerciale reste le véritable défi. L’investissement croisé rapproche les équipes et facilite les essais, mais il ne supprime ni les risques techniques ni les délais. Il donne surtout à la Gironde une position identifiable dans une chaîne mondiale où la capacité à tester, fabriquer puis récupérer un produit constitue un avantage rare.

La future chaîne de services doit relier expérimentation, production en orbite et retour sécurisé des charges utiles sur Terre – Crédit : AirzeroG

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