L’Hermione a déjà remonté la Garonne à plusieurs reprises. Aujourd’hui immobilisée à Anglet, la frégate fait face à une autre traversée : réunir environ 2 millions d’euros avant le 14 avril 2027 pour poursuivre son entretien et relancer la restauration. L’association Hermione–La Fayette a détaillé ce cap lors d’une conférence de presse à Bordeaux, le 16 octobre 2026. Pour les Bordelais qui l’ont accueillie en 2014, 2015 et 2018, le sauvetage du navire touche aussi à une histoire locale.
L’Hermione et Bordeaux, trois escales qui ont marqué les quais
Le lien commence en octobre 2014. À peine sortie de son long chantier de reconstruction à Rochefort, L’Hermione choisit Bordeaux pour sa première escale publique. La frégate arrive dans l’estuaire le 7 octobre, puis rejoint les quais de la ville. L’association rappelle, dans son récit de cette première visite bordelaise, un détail historique : La Fayette avait quitté Bordeaux en 1777 à bord de La Victoire, avant sa traversée de 1780 sur l’Hermione d’origine.
La réplique revient en août 2015, à la fin du voyage qui l’a menée sur la côte est des États-Unis. Le public la retrouve alors au Port de la Lune, avant son retour à Rochefort.

Troisième rendez-vous en juin 2018 : Bordeaux est de nouveau la dernière escale d’un périple, cette fois après une navigation en Méditerranée. Le programme du voyage 2018 situe cette étape du 10 au 13 juin. Trois passages en quatre ans : la formule « souvent venue à Bordeaux » repose donc sur des escales identifiables.
Pourquoi la frégate ne peut toujours pas reprendre la mer
Depuis septembre 2021, L’Hermione reste au sec au port de Bayonne, à Anglet. Sa coque nécessite une restauration lourde. L’association affirme que les trois entreprises chargées du chantier ont inspecté le navire en septembre 2026 et n’ont relevé ni déformation significative de sa structure ni nouvelle attaque fongique. Ce constat ne signifie pas que les travaux sont terminés : près de la moitié serait réalisée, selon l’estimation de l’association.
Le navire exige même un entretien quotidien pendant son immobilisation. Arrosage, ventilation et traitements protègent le bois ; interrompre ces gestes risquerait, d’après les entreprises citées par l’association, de compromettre les réparations déjà engagées. Voilà pourquoi une partie de l’argent recherché doit financer la maintenance immédiate, tandis que l’autre doit permettre de reprendre la restauration de la coque.

Avril 2027, l’échéance qui décidera de la suite
Le 1er octobre 2026, le tribunal judiciaire de La Rochelle a accordé à l’association une nouvelle période d’observation de six mois dans le cadre de son redressement judiciaire. Une audience est annoncée pour le 14 avril 2027. D’ici là, l’association dit devoir réunir environ 2 millions d’euros pour continuer à entretenir le bâtiment et relancer les travaux. Elle présente cette échéance dans son appel à sauver la frégate, publié après la conférence bordelaise.
Pour convaincre les mécènes, une fiducie philanthropique baptisée « Un avenir pour L’Hermione » a été mise en place. Les sommes qu’elle reçoit sont séparées du patrimoine de l’association ; celle-ci indique qu’elles seraient restituées aux contributeurs si une liquidation était prononcée. Trois entreprises participent déjà au dispositif, selon l’association. Le soutien doit cependant se traduire par des fonds suffisants avant l’audience, et non par de simples intentions.

Le calendrier envisagé prévoit de terminer la coque entre 2027 et 2029, puis de remettre le navire à flot à la mi-2029. Ce n’est encore qu’un objectif, conditionné au financement. Aucune nouvelle escale bordelaise n’est annoncée à ce stade. À Bordeaux, les escales passées donnent une mesure concrète de l’enjeu : retrouver un jour cette frégate sur la Garonne suppose d’abord de sauver celle qui attend, aujourd’hui, dans sa forme de radoub.
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