Après l’incendie qui a ravagé une partie du massif girondin, des volumes considérables de pins doivent être évacués et valorisés rapidement. Cet afflux exceptionnel de bois arrive toutefois dans une filière déjà fragilisée par la hausse des coûts, des débouchés incertains et plusieurs aléas climatiques. Pour les sylviculteurs comme pour les industriels, l’urgence consiste désormais à limiter les pertes sans provoquer un effondrement durable des prix.

Des milliers d’hectares et un calendrier très serré
Le feu déclaré en juillet dans le nord-ouest de la Gironde a parcouru une surface majeure du massif. Le Monde décrit un afflux massif de bois susceptible de déstabiliser toute la chaîne des Landes de Gascogne. Une partie des arbres brûlés ou fragilisés doit en effet être coupée sans attendre, avant que leur qualité ne se dégrade davantage.
Cette course contre la montre concerne les propriétaires, les entreprises de travaux forestiers, les transporteurs, les scieries et les papeteries. Lorsque des volumes inhabituels arrivent simultanément sur le marché, les capacités de coupe, de stockage et de transformation deviennent le principal verrou. Le risque est double : laisser perdre une matière encore valorisable ou créer une pression brutale sur les cours du pin maritime.
Le contexte est d’autant plus sensible que la forêt des Landes de Gascogne constitue un pilier économique régional. La page de suivi du Département de la Gironde rappelle combien les grands incendies transforment durablement les paysages, après plus de 30 000 hectares détruits en 2022.

Une filière déjà fragilisée avant l’incendie
L’incendie ne survient pas dans un marché parfaitement stable. Dans sa note de conjoncture présentée en juin 2026, Fibois Nouvelle-Aquitaine évoquait déjà une activité résiliente, mais entourée de fortes incertitudes. Les entreprises subissent la progression des coûts du carburant, des matières premières, du transport et de la main-d’œuvre, avec une capacité limitée à répercuter ces hausses.
À cela s’ajoutent des débouchés industriels plus tendus et les dégâts provoqués par d’autres événements météorologiques. L’arrivée soudaine du bois incendié accentue donc un déséquilibre existant. Les scieries et les usines ne peuvent pas augmenter instantanément leurs capacités, tandis que les propriétaires ont besoin de trésorerie pour nettoyer les parcelles et préparer leur reconstitution.
Les périodes de vigilance incendie compliquent aussi les opérations. Fibois détaille les restrictions pouvant toucher les travaux forestiers, la sylviculture, le sciage ou encore certains transports. La sécurisation du massif reste prioritaire, même lorsqu’elle ralentit l’évacuation des bois.
Stocker, transformer et préparer la forêt de demain
Pour éviter une vente précipitée à bas prix, plusieurs leviers peuvent être mobilisés : organiser les coupes, hiérarchiser les parcelles, développer des solutions de stockage et répartir les volumes entre les différents usages. Construction, emballage, pâte à papier ou énergie n’acceptent pas les mêmes qualités de bois. La coordination entre acteurs devient donc essentielle pour orienter chaque lot vers le débouché le plus pertinent.
L’enjeu dépasse les prochains mois. Les recettes tirées des arbres sinistrés conditionneront en partie le nettoyage, le reboisement et l’adaptation du massif aux sécheresses et aux incendies futurs. Derrière la question des prix se joue ainsi la capacité de toute une économie forestière à se relever, sans sacrifier les investissements indispensables à long terme.

À Bordeaux et dans toute la Gironde, les conséquences seront suivies de près, tant pour l’emploi que pour le paysage. Retrouvez aussi les dernières prévisions météo à Bordeaux.




