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Manon Cormier, cette Bordelaise oubliée qui a consacré sa vie aux droits des femmes et à la Résistance

À Bordeaux, son nom figure sur une rue et sur quelques plaques commémoratives. Pourtant, l’histoire de Manon Cormier reste encore largement méconnue du grand public. Avocate parmi les premières femmes inscrites au barreau bordelais, militante féministe engagée et résistante déportée pendant la Seconde Guerre mondiale, cette figure bordelaise a pourtant marqué son époque par son courage et son engagement.

Décédée le 27 mai 1945 des suites de sa déportation, Manon Cormier aura consacré toute sa vie à défendre les plus modestes, les droits des femmes et les valeurs républicaines. Un parcours exceptionnel longtemps resté dans l’ombre malgré son importance dans l’histoire bordelaise et française.

Une pionnière du barreau et du féminisme bordelais

Née en 1896 dans une famille protestante bordelaise, Manon Cormier suit des études de droit à une époque où très peu de femmes accèdent encore à l’université. Elle devient rapidement l’une des premières avocates de Bordeaux, puis décroche un doctorat en droit dans les années 1930.

Mais plus qu’une carrière classique, elle choisit de mettre ses compétences au service des plus fragiles. Au barreau, elle travaille principalement pour les consultations gratuites destinées aux personnes modestes, bien avant l’existence de l’aide juridictionnelle moderne.

Manon Cormier, Bordelaise parfois méconnue du grand public, est pourtant une grande féministe et une résistante

En parallèle, elle s’engage activement pour les droits des femmes. Très investie dans les mouvements féministes de l’époque, elle participe à la création de structures locales militant pour le droit de vote des femmes et leur émancipation dans la société française.

Dans le Bordeaux des années 1920 et 1930, son énergie militante lui vaut même un surnom : “la petite Vérone”, en référence à la célèbre féministe Marie Vérone.

Une résistante jusqu’à son dernier souffle

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Manon Cormier poursuit son engagement sous une autre forme. Fonctionnaire au ministère de l’Agriculture et du ravitaillement, elle rejoint un réseau de Résistance affilié aux FTP.

Arrêtée par la Gestapo en 1943, elle est déportée dans plusieurs camps nazis, notamment à Ravensbrück et Mauthausen. Malgré les conditions extrêmes, elle continue de soutenir les autres déportées et réfléchit déjà à témoigner sur le rôle des femmes dans la Résistance.

Elle décède le 27 mai 1945 des suites de sa déportation des les camps de concentration.

Revenue extrêmement affaiblie en France au printemps 1945, elle meurt quelques semaines plus tard, le 27 mai, sans réellement avoir eu le temps de voir les combats de toute une vie pleinement aboutir.

Aujourd’hui encore, son parcours impressionne par sa modernité. Avocate, intellectuelle, féministe et résistante, Manon Cormier incarne une figure majeure de l’histoire bordelaise, longtemps oubliée mais désormais progressivement remise en lumière.

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