Entre les fumées des incendies venus de l’ouest girondin et la formation d’ozone favorisée par la chaleur, la qualité de l’air se dégrade nettement en Gironde. À Bordeaux comme sur le littoral, les autorités appellent les habitants à limiter leur exposition, surtout les personnes fragiles.

Deux pollutions qui se superposent
La Gironde fait face à une situation particulièrement pénible pour les habitants : l’air devient difficile à respirer dans plusieurs secteurs, avec une double origine. D’un côté, les fumées des incendies en cours dans l’ouest du département transportent des particules fines et d’autres composés issus de la combustion de la végétation. De l’autre, les fortes chaleurs et l’ensoleillement favorisent la formation d’ozone, notamment dans l’agglomération bordelaise.
Selon le suivi publié par ATMO Nouvelle-Aquitaine, les incendies en Gironde et dans les Landes entraînent une hausse des concentrations en particules PM10. Ces particules peuvent se déplacer au gré des vents, toucher ponctuellement des communes éloignées du front du feu et rendre les indices classiques moins représentatifs dans les zones situées sous les panaches.
Bordeaux aussi concernée par les fumées

La métropole bordelaise n’est pas épargnée. Dans son point d’information, Bordeaux Métropole indique que les fumées de l’incendie de l’ouest girondin sont présentes sur le territoire métropolitain. Elles peuvent provoquer une irritation des yeux, du nez ou de la gorge, mais aussi une gêne respiratoire, une toux ou un essoufflement.
Les personnes les plus exposées doivent redoubler de prudence : enfants, femmes enceintes, personnes âgées, asthmatiques, malades cardiaques ou respiratoires. Le bon réflexe consiste à limiter les sorties, reporter les activités sportives intenses, fermer les fenêtres lorsque les fumées sont présentes et consulter un professionnel de santé en cas de symptômes inhabituels.
L’ozone, l’autre danger invisible
À cette pollution liée aux incendies s’ajoute l’ozone. Contrairement aux particules visibles dans les fumées, ce polluant se forme dans l’atmosphère sous l’effet du soleil, de la chaleur et de précurseurs émis notamment par le trafic routier ou certaines activités humaines. En plein été, lors d’épisodes chauds et stables, il peut rapidement dégrader la qualité de l’air à Bordeaux et dans le reste de la Gironde.
La DREAL Nouvelle-Aquitaine rappelle qu’un pic de pollution survient lorsque les concentrations de polluants dépassent les seuils fixés pour protéger la santé. Dans ces situations, les autorités peuvent déclencher des procédures d’information, de recommandation ou d’alerte afin de réduire l’exposition des habitants et les sources d’émission.

Les bons gestes à adopter
Dans les prochaines heures, la vigilance doit rester maximale. Il est conseillé d’éviter les efforts prolongés, de privilégier les déplacements indispensables, de ne pas aérer son logement lorsque les fumées sont présentes et de suivre les mises à jour d’ATMO Nouvelle-Aquitaine. Les automobilistes peuvent aussi contribuer à limiter l’ozone en réduisant les trajets non essentiels et en adoptant une conduite plus souple.
En cas de fumée suspecte ou de départ de feu, il faut appeler immédiatement le 18 ou le 112. Et en cas de gêne respiratoire ou cardiaque, mieux vaut ne pas attendre : contactez un médecin ou le 15 selon la gravité des symptômes.
Le plus difficile, pour les habitants, reste le caractère changeant de cet épisode. Un quartier peut sembler respirable le matin puis se retrouver sous un panache de fumée quelques heures plus tard. Dans ce contexte, il faut adapter ses gestes à la situation réelle : odeur de brûlé, ciel voilé, picotements ou toux doivent pousser à rentrer et à réduire l’effort.
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