Inauguré en juillet 2024, le pont Simone-Veil a changé la manière de traverser la Garonne au sud de Bordeaux. Plus qu’un simple ouvrage routier, il relie Bordeaux et Bègles à Floirac avec une largeur rare, pensée pour les piétons, les vélos, les transports en commun et les usages du quotidien. Sa silhouette sobre, imaginée par OMA, ne cherche pas le spectaculaire mais l’efficacité urbaine. Pour les habitants comme pour les promeneurs, c’est devenu un nouveau point de vue sur la ville.

Un pont attendu au sud de Bordeaux
Bordeaux a longtemps regardé la Garonne comme une frontière autant que comme un paysage. Avec le pont Simone-Veil, inauguré le 6 juillet 2024, la métropole a ajouté un franchissement majeur au sud de la ville. L’ouvrage relie la rive gauche, entre Bordeaux et Bègles, à Floirac, tout près de l’Ark?a Arena.
Ce nouveau pont s’inscrit dans un secteur en pleine transformation, notamment autour de l’opération Bordeaux Euratlantique. Il doit faciliter les déplacements du quotidien, soulager d’autres franchissements et mieux connecter les quartiers de part et d’autre du fleuve.
Une place publique posée sur l’eau
Ce qui frappe d’abord, ce sont ses dimensions. Le pont mesure environ 549 mètres de long et 44 mètres de large. Cette largeur n’est pas un détail technique : elle traduit l’idée d’un pont conçu comme un espace public. On ne fait pas seulement que le traverser, on peut aussi s’y arrêter, marcher, observer Bordeaux et ressentir la Garonne autrement.
Le tablier accueille une vaste zone piétonne, une piste cyclable bidirectionnelle, des voies pour les voitures et des espaces dédiés aux transports en commun. Les informations de Bordeaux Métropole permettent de replacer ce pont dans la stratégie plus large de mobilité et d’aménagement urbain.

Un choix architectural volontairement sobre
Le pont a été conçu par le cabinet OMA, fondé par l’architecte Rem Koolhaas. Ici, pas de pylônes spectaculaires ni de grands câbles mis en scène. L’ouvrage assume une ligne basse, sobre, presque silencieuse. Ce parti pris a parfois divisé, certains le trouvant trop discret, d’autres appréciant sa manière de laisser la ville et le fleuve occuper le premier plan.
Cette sobriété n’empêche pas la reconnaissance professionnelle. Le pont Simone-Veil a reçu l’Équerre d’argent 2024 dans la catégorie infrastructures et ouvrages d’art, une distinction qui souligne son rôle d’objet urbain autant que d’équipement de transport.
Pourquoi il change les habitudes
Pour les cyclistes et les piétons, l’intérêt est immédiat : la traversée est large, lisible et plus confortable que sur beaucoup d’anciens ponts. Pour les automobilistes, il offre un nouvel axe entre le sud de Bordeaux, Bègles et la rive droite. Pour les transports en commun, il ouvre aussi des possibilités nouvelles dans un secteur où les flux se densifient.

Mais son principal intérêt est peut-être ailleurs : le pont donne envie de regarder autrement cette partie de Bordeaux. Entre les quais, Floirac, l’Ark?a Arena et les futurs aménagements, il accompagne le déplacement du centre de gravité urbain vers le sud-est de la métropole.
Une balade à ajouter à sa liste
Pour une sortie simple, il suffit de partir des quais, de rejoindre le pont, puis de traverser vers Floirac pour profiter du point de vue. Le lieu fonctionne aussi bien pour une marche en fin de journée que pour une boucle à vélo. Le pont Simone-Veil n’est pas le plus romantique des ponts bordelais, ni le plus historique, mais il raconte très bien le Bordeaux qui se construit aujourd’hui : plus connecté, plus ouvert sur ses deux rives, et plus attentif aux mobilités douces.
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