Sciences Po Bordeaux a ouvert à la rentrée 2026 un nouveau parcours de master tourné vers l’économie des pays du Sud. Baptisé ETIS, il réunit une vingtaine d’étudiants dans sa première promotion. L’objectif est de former des profils capables d’analyser les entreprises, les territoires et les innovations en Afrique, en Amérique latine, au Moyen-Orient ou en Asie du Sud-Est.

La nouvelle formation change l’angle d’étude des pays du Sud. À Sciences Po Bordeaux, le master Entreprises, territoires et innovations dans les Suds, ou ETIS, s’intéresse aux acteurs économiques de ces régions : entreprises, réseaux d’entrepreneurs, territoires et porteurs de projets. Une vingtaine d’étudiants ont intégré la toute première promotion du nouveau parcours à la rentrée universitaire 2026, à Pessac. Leur cursus doit articuler sciences sociales, analyse des risques et travail sur des situations concrètes.
Un master consacré aux économies des pays du Sud
Le nouveau parcours fait partie d’une refonte du second cycle de l’institut. Celui-ci compte désormais 18 parcours organisés en cinq pôles, selon la présentation de la réforme. ETIS remplace, avec le master Coopération internationale dans les Suds, l’ancien parcours Risques et développement aux Suds. Les deux formations ont des objets distincts : la seconde est orientée vers les ONG, l’aide au développement et les crises ; ETIS porte sur les dynamiques économiques et entrepreneuriales.
Cette distinction est au centre du projet pédagogique. Le cursus ne traite pas les pays du Sud comme un ensemble uniforme ou seulement comme des territoires bénéficiaires d’aide. Il examine des marchés, des institutions, des entreprises et leurs relations avec les pouvoirs publics. Afrique, Moyen-Orient, Amérique latine et Asie du Sud-Est figurent parmi les espaces étudiés. L’approche croise l’économie, la sociologie et la science politique pour comprendre des trajectoires différentes selon les pays.

La présentation détaillée du parcours cite deux exercices structurants. Dès la première année, les étudiants réalisent une étude de risque pays et sectoriel. En deuxième année, ils mènent une analyse de risque liée à un projet pour un commanditaire réel. Des mobilités en Colombie ou à Madagascar sont envisagées. L’établissement mentionne aussi un stage long et des débouchés dans l’analyse, le conseil et la conduite de projets économiques.
Un hackathon à Bordeaux pour confronter les étudiants au terrain
Le 13 novembre, un hackathon à la halle Héméra, rue Fondaudège à Bordeaux, doit mettre cette méthode à l’épreuve. Des étudiants de Sciences Po Bordeaux, de Bordeaux Sciences Agro et de l’IAE travailleront avec trois entrepreneurs de la tech. Les cas annoncés concernent les énergies renouvelables au Niger, les technologies de santé au Maroc et l’innovation financière en Colombie et en Côte d’Ivoire. Les équipes devront proposer des pistes concrètes à partir de problèmes exposés par ces entrepreneurs.
Ce rendez-vous fait partie d’un projet d’innovation pédagogique retenu par l’université de Bordeaux. Il ne remplace pas le travail universitaire du master : il permet de tester, sur une durée courte, la capacité des étudiants à passer de l’analyse à une proposition argumentée. Une salle de travail collaboratif doit également être aménagée dans l’établissement pour les projets nécessitant échanges et prototypage.

ETIS s’appuie enfin sur les travaux du laboratoire Les Afriques dans le monde, associé notamment au CNRS et à Sciences Po Bordeaux. Pour cette première année, l’enjeu n’est pas de produire un modèle unique applicable à tous les pays, mais de former des étudiants capables d’étudier chaque contexte économique dans sa réalité. Le lancement du master et le hackathon de novembre offrent un premier aperçu de cette ambition.
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