Une étude de Surfrider alerte sur la présence de polluants éternels dans plusieurs eaux de baignade, dont le lac de Bordeaux et celui de Bègles. Au lac de Bordeaux, 19 PFAS différents ont été détectés, un chiffre qui interroge en pleine période de forte chaleur. Les données ne concluent pas à un danger immédiat pour la baignade, mais elles soulignent un vrai sujet environnemental. Pour les habitants de la métropole, l’enjeu est surtout de mieux comprendre ce qui est surveillé, et ce qui ne l’est pas encore.

Des polluants éternels retrouvés dans les lacs bordelais
Le sujet tombe alors que de nombreux Bordelais cherchent de la fraîcheur au bord de l’eau. Selon une étude publiée par Surfrider, des PFAS, aussi appelés polluants éternels, ont été détectés dans tous les sites de baignade analysés en France. En Gironde, le lac de Bordeaux et le lac de Bègles font partie des points examinés.
Au lac de Bordeaux, l’étude indique la présence de 19 PFAS différents, soit le plus grand nombre relevé parmi les zones de baignade observées. Le lac de Bègles en compterait 15. Ces substances chimiques, utilisées dans de nombreux produits industriels ou du quotidien, sont dites persistantes car elles se dégradent très lentement dans l’eau, les sols et les organismes vivants.
Baignade : pas d’alerte sanitaire immédiate
La nuance est importante. Les résultats pointent une contamination environnementale, mais ne signifient pas que la baignade serait dangereuse à court terme. Pour évaluer ce risque, les chercheurs s’appuient notamment sur un seuil sanitaire utilisé aux Pays-Bas : 280 ng/L, calculé en additionnant plusieurs molécules pondérées selon leur toxicité.
Dans l’étude, le lac de Bordeaux atteint 105 ng/L et celui de Bègles 149 ng/L, donc sous ce seuil. Le problème concerne davantage l’état chimique des milieux aquatiques. Le PFOS, une molécule de la famille des PFAS classée comme cancérogène possible par le CIRC, a notamment été relevé à 26 ng/L au lac de Bordeaux et 10 ng/L à Bègles.

Ce que surveillent les autorités aujourd’hui
En France, la qualité des eaux de baignade est surtout suivie sous l’angle bactériologique. Les contrôles portent principalement sur les entérocoques et E. coli, deux indicateurs liés aux contaminations fécales. Les PFAS, eux, ne font pas encore partie des paramètres réglementaires habituels pour fermer ou maintenir ouvert un site de baignade.
Les informations officielles sur les eaux de baignade sont disponibles via le portail du ministère de la Santé, tandis que l’Anses rappelle les enjeux sanitaires et environnementaux liés aux substances per- et polyfluoroalkylées. La Ville de Bordeaux indique de son côté suivre la qualité du lac dans le cadre de la réglementation actuelle.
Un sujet appelé à prendre de l’ampleur
Pour les associations environnementales, cette situation montre surtout les limites du cadre existant. Une eau peut être conforme pour la baignade au regard de la réglementation actuelle, tout en contenant des substances chimiques qui interrogent sur le long terme. C’est précisément ce décalage qui nourrit le débat autour des polluants éternels.

Pour les familles qui fréquentent Bordeaux Lac ou Bègles Plage, le message doit donc rester mesuré : pas de signal d’interdiction sanitaire immédiate, mais une pollution chimique qui mérite d’être mieux suivie. En pleine canicule, ces lieux restent essentiels pour se rafraîchir, mais ils rappellent aussi que la qualité de l’eau ne se limite plus seulement aux bactéries.
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