Dans la vallée de l’Arberoue, au Pays basque, les grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya offrent une plongée rare dans la préhistoire. Classé monument historique, ce site naturel mêle archéologie, art pariétal, concrétions de calcite et mémoire des premiers habitants du territoire. On y suit les traces de Néandertal puis d’Homo sapiens, dans un réseau occupé pendant des dizaines de milliers d’années. Une visite forte, à la fois scientifique, sensible et très dépaysante depuis le Sud-Ouest.

Un site majeur dans la vallée de l’Arberoue
Les grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya se trouvent en Basse-Navarre, dans les Pyrénées-Atlantiques, sur la colline de Gaztelu. Le site s’étend entre les communes d’Isturits et de Saint-Martin-d’Arberoue, non loin d’Hasparren. À première vue, le décor est celui d’un paysage basque vallonné. Mais sous la colline se cache l’un des ensembles souterrains les plus importants de la préhistoire dans le Sud-Ouest.
La page de présentation des grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya rappelle que le site est classé Monument historique depuis 1953. La visite permet de relier deux dimensions rarement réunies avec autant de force : une grotte d’habitat, Isturitz, et une grotte sanctuaire, Oxocelhaya, spectaculaire par ses volumes et ses concrétions.
80 000 ans de présence humaine
D’après les données reprises par Wikipédia, les grottes ont été fréquentées sur une très longue période, d’environ 80 000 à 10 000 ans avant notre ère. Néandertal y a laissé sa trace, puis Homo sapiens a occupé le site au Paléolithique supérieur. Cette profondeur historique change le regard : on ne visite pas seulement une cavité, mais un lieu où plusieurs humanités se sont croisées.

Isturitz est particulièrement connue pour la richesse de ses objets archéologiques. Les fouilles y ont révélé des plaquettes gravées, des pendeloques, des outils en os, des éléments de chasse, mais aussi des flûtes préhistoriques parmi les plus anciennes connues en Europe. Cette présence de la musique, dans un site aussi ancien, donne une dimension très humaine à la visite.
Oxocelhaya, la cathédrale de calcite
Plus bas, la grotte d’Oxocelhaya change d’ambiance. Le site officiel la présente comme une grotte sanctuaire, riche en salles très concrétionnées. Piliers, draperies, calcite et volumes souterrains composent un décor qui parle autant de géologie que de préhistoire. La grotte conserve aussi des signes, gravures et représentations animales, même si la conservation impose de limiter ce qui est visible au public.
C’est justement l’un des intérêts du parcours : comprendre qu’un tel lieu se visite avec prudence. Le patrimoine souterrain est fragile. Les peintures, gravures, sols et parois ne sont pas de simples décors, mais des archives très anciennes. Le pilier gravé d’Isturitz, accessible dans le parcours, donne un aperçu de cette relation entre art, chasse, mémoire et paysage.
Horaires, tarifs et infos pratiques
Pour la saison 2026, la page horaires et tarifs annonce des visites guidées d’environ 1 heure, avec accès à l’espace muséal. Le tarif adulte est fixé à 13 €, le tarif adolescent à 9 €, le tarif enfant de 4 à 11 ans à 6 €, et un tarif famille est proposé à 38 €. La réservation est recommandée, notamment en période de forte affluence.

Quelques contraintes sont à anticiper : environ 90 marches sont à descendre pour rejoindre Isturitz à Oxocelhaya, les photos sont interdites à l’intérieur, les animaux ne sont pas autorisés et le site n’est pas adapté aux personnes en fauteuil roulant. Le portail de Tourisme Pays basque peut aider à organiser une journée plus complète autour de l’Arberoue, d’Hasparren ou de Saint-Jean-Pied-de-Port.
Une sortie forte entre science et émotion
Depuis Bordeaux, la route est plus longue que pour une escapade classique en Gironde ou en Dordogne, mais le déplacement se justifie pour les amateurs de patrimoine, de géologie et de préhistoire. Les grottes d’Isturitz et d’Oxocelhaya ont quelque chose de rare : elles donnent à voir le temps long sans le rendre abstrait.
On ressort avec le sentiment d’avoir traversé plusieurs couches d’histoire : la pierre, l’eau, les animaux gravés, les outils, les sons possibles des premières flûtes. Dans le Pays basque, cette visite rappelle que le Sud-Ouest ne raconte pas seulement des châteaux, des plages ou des villages : il conserve aussi des traces profondes de nos origines.
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