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Benoît Bartherotte, l’homme qui protège la pointe du Cap Ferret contre l’océan

Au Cap Ferret, son nom revient dès que l’on parle d’érosion, de digues et de pointe menacée par l’océan. Benoît Bartherotte, styliste devenu homme d’affaires, s’est imposé comme une figure à part du Bassin d’Arcachon. Installé depuis les années 1980 à l’extrémité de la presqu’île, il a investi des sommes considérables pour défendre ce bout de sable face aux courants. Son action fascine autant qu’elle divise, mais elle raconte une vraie question locale : jusqu’où faut-il aller pour protéger le littoral girondin ?

Au Cap Ferret, Benoît Bartherotte est devenu indissociable du combat contre l’érosion de la pointe. Crédit : France 3 Régions

Un Bordelais devenu figure du Cap Ferret

Né à Caudéran, à Bordeaux, en 1946, Benoît Bartherotte n’a pas d’abord construit sa notoriété sur le Bassin. Son parcours commence dans le textile, la couture et les affaires. La page qui lui est consacrée sur Wikipédia rappelle notamment son passage dans l’univers de la mode et ses liens avec plusieurs grandes figures économiques et politiques françaises.

Mais c’est au Cap Ferret que son personnage a pris une dimension presque romanesque. Depuis l’enfance, il connaît cette pointe fragile, posée entre l’océan Atlantique et le Bassin d’Arcachon. En 1985, il y acquiert un vaste terrain, au sud de la presqu’île, dans un secteur aussi spectaculaire que vulnérable.

Une digue devenue symbole

Le cœur de son combat tient en un ouvrage : une digue d’environ 487 mètres, construite et entretenue pour résister à l’érosion marine. À la pointe du Cap Ferret, les courants, les passes du Bassin et les tempêtes déplacent sans cesse le sable. Le site du réseau d’observation de la côte aquitaine permet d’ailleurs de mesurer combien le trait de côte néo-aquitain reste mobile et exposé.

Pour Bartherotte, la digue n’est pas un simple mur. Elle protège sa propriété, mais aussi des habitations et un paysage que beaucoup considèrent comme l’un des plus précieux de Gironde. Ses défenseurs voient en lui un homme qui a tenu tête à l’océan quand d’autres se contentaient d’observer le recul du littoral.

Un combat reconnu, mais controversé

Le sujet reste toutefois sensible. Les travaux menés au fil des années ont suscité de nombreux débats, notamment autour des autorisations, du domaine public maritime et de l’accès au littoral. La question dépasse le seul cas Bartherotte : protéger un point du rivage peut parfois modifier les équilibres un peu plus loin, ce qui alimente les discussions entre riverains, élus, services de l’État et défenseurs d’une gestion plus souple du littoral.

La commune de Lège-Cap-Ferret vit directement avec ces tensions. Entre attractivité touristique, résidences de prestige, ostréiculture, espaces naturels et risques côtiers, chaque décision sur la pointe prend une portée particulière. La mer n’y est jamais un décor fixe : elle travaille, creuse, déplace et oblige à choisir.

Entre Bassin d’Arcachon et océan, la pointe reste l’un des secteurs les plus sensibles du littoral girondin.

L’homme qui a fait du trait de côte une affaire personnelle

Ce qui distingue Benoît Bartherotte, c’est la manière dont il a transformé ce sujet technique en affaire personnelle. Il ne parle pas seulement de propriété ou de patrimoine. Il parle de résistance, de mémoire familiale, de cabanes, de dunes, de maisons menacées et d’un morceau de Gironde qu’il refuse de voir disparaître. Cette énergie explique autant son aura que les critiques qu’il suscite.

Son histoire dit aussi quelque chose de notre époque. Face à l’érosion, faut-il défendre coûte que coûte, reculer, accompagner le mouvement naturel ou inventer des solutions au cas par cas ? Au Cap Ferret, Benoît Bartherotte a choisi sa réponse : tenir la pointe. Qu’on l’admire ou qu’on le conteste, son nom reste désormais attaché à ce paysage où l’océan gagne toujours du terrain, sauf quand quelqu’un décide de lui barrer la route.

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