Un jeune fonds bordelais met un pied dans l’univers très sélectif de la sellerie équestre haut de gamme. Artos, créé en 2025 par Edouard Thomas et Louis Colas, entre au capital d’Arion, une marque fondée par l’ancien cavalier professionnel Sylvain Houry. L’opération concerne une entreprise déjà tournée vers les États-Unis et qui fabrique ses selles en Gironde, à Portets. Pour Bordeaux et son écosystème économique, le signal est intéressant : le capital local regarde aussi vers les savoir-faire de niche, le luxe et l’export.

Artos choisit une maison équestre déjà internationale
Le fonds d’investissement bordelais Artos annonce son entrée au capital d’Arion, concepteur et fabricant de selles et d’accessoires équestres haut de gamme. D’après Le Journal des Entreprises, Artos intervient en qualité d’investisseur principal pour accompagner une nouvelle étape de développement.
Arion n’est pas une jeune pousse sans marché. La société, créée en 2018 par Sylvain Houry, ancien cavalier professionnel passé par la Californie, réalise plus de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle est déjà bien implantée aux États-Unis, un territoire stratégique pour les acteurs de l’équitation haut de gamme.
Une fabrication girondine à Portets
L’un des points forts du dossier se situe en Gironde. Arion fabrique ses selles en France, à Portets, grâce à l’acquisition de l’atelier Façon Cuir en 2024. Cette implantation donne une dimension très concrète à l’opération : derrière le capital, il y a un atelier, des gestes, du cuir, des prototypes, des finitions et une exigence liée au Made in France.

Sur son site, Arion Sellier met en avant une approche centrée sur la performance du couple cheval-cavalier et sur la personnalisation. Ce positionnement explique l’intérêt d’un fonds comme Artos : la sellerie haut de gamme reste un marché de précision, où la marque, la qualité produit et la capacité à se structurer commercialement comptent autant que la production.
Cap sur les États-Unis et l’organisation interne
L’objectif affiché est clair : accélérer. Artos veut aider Arion à renforcer son développement, notamment aux États-Unis, mais aussi à poursuivre sa politique d’innovation et à consolider son organisation. La marque espère ouvrir de nouveaux territoires de vente outre-Atlantique, structurer son équipe de management et, si l’occasion se présente, regarder des opportunités de croissance externe.
Cette feuille de route raconte quelque chose de plus large sur l’économie locale. À Bordeaux, les sujets de financement ne concernent pas seulement la tech, l’immobilier ou le vin. Ils peuvent aussi soutenir des entreprises de niche, capables de vendre un savoir-faire français à l’international. Le site de la French Fab illustre d’ailleurs cette logique de valorisation industrielle et artisanale tournée vers la compétitivité.

Un pari discret, mais révélateur
L’arrivée d’Artos au capital ne transforme pas Arion du jour au lendemain. Sylvain Houry reste à la tête de l’entreprise avec sa sœur, Caroline Houry. Mais l’opération donne des moyens et une méthode à une société qui a déjà franchi plusieurs étapes : création en 2018, développement commercial, ancrage américain, puis reprise d’un atelier girondin.
Pour le territoire bordelais, ce dossier mérite d’être suivi. Il relie Bordeaux, le financement d’entreprise, le luxe, l’équitation et la production locale. Il montre aussi que l’économie girondine peut rayonner par des activités très spécialisées, loin des secteurs les plus visibles. Dans le cas d’Arion, la prochaine étape se jouera donc autant dans les ateliers de Portets que sur les marchés équestres américains.
À lire aussi : Club Pilates pose ses machines à Bordeaux Mondésir !




