ActuManger

Bassin d’Arcachon : les huîtres fragilisées par les fortes chaleurs

Sur le Bassin d’Arcachon, les fortes chaleurs de cet été mettent les huîtres à rude épreuve. Lorsque l’eau reste chaude plusieurs jours, les coquillages subissent un stress qui ralentit leur alimentation, fragilise les jeunes individus et peut accroître la mortalité. Les ostréiculteurs adaptent leur travail dans les parcs pour protéger leur production. Cette situation concerne l’élevage et ne signifie pas, à elle seule, que les huîtres sont impropres à la consommation.

Les huîtres élevées sur le Bassin d’Arcachon subissent un stress important lorsque la température de l’eau reste durablement élevée. – Crédit :

La chaleur de l’eau perturbe les coquillages

Les huîtres vivent au rythme des marées et filtrent l’eau pour se nourrir. Leur activité dépend directement de la température, de la salinité, de l’oxygène disponible et de la quantité de phytoplancton. Une eau plus chaude accélère d’abord leur métabolisme, mais la situation devient défavorable lorsque la chaleur se prolonge.

Dans un reportage diffusé le 13 août, BFMTV montre les difficultés rencontrées par les ostréiculteurs girondins. Les professionnels observent leurs parcs avec attention, car les huîtres les plus jeunes sont particulièrement vulnérables aux variations rapides du milieu.

Lorsqu’elles sont exposées à une forte température, les huîtres peuvent fermer leur coquille plus longtemps. Elles filtrent alors moins d’eau, se nourrissent moins et utilisent leurs réserves pour résister. Si le phénomène dure, leur croissance ralentit et leur capacité à faire face aux maladies diminue.

Les professionnels contrôlent régulièrement les poches afin d’évaluer la mortalité, la croissance et l’état général des coquillages élevés. – Crédit :

Des risques plus élevés pour le naissain

Le Bassin d’Arcachon joue un rôle majeur dans la naissance et l’élevage des huîtres creuses. Le naissain, nom donné aux jeunes huîtres, constitue une étape essentielle de la production locale et nationale. Or, ces petits coquillages disposent de moins de réserves que les adultes et réagissent plus fortement aux épisodes de chaleur.

Une température élevée peut également favoriser certains agents pathogènes déjà présents dans le milieu. Le virus OsHV-1, souvent appelé herpès de l’huître, est sans conséquence pour l’être humain mais peut provoquer d’importantes mortalités chez les jeunes coquillages. La chaleur agit alors comme un facteur aggravant, en affaiblissant les animaux et en modifiant leur environnement.

Les pertes varient selon l’âge des huîtres, l’emplacement des parcs, la circulation de l’eau et la durée de l’épisode. Il est donc impossible d’appliquer un taux unique à l’ensemble du Bassin. Les suivis réalisés par les professionnels et les organismes scientifiques permettent d’identifier les secteurs les plus touchés.

Comment les ostréiculteurs tentent de limiter les dégâts

Les exploitants peuvent déplacer certaines poches, ajuster leur densité ou modifier leur hauteur sur les tables afin d’améliorer la circulation de l’eau. Ils surveillent aussi plus fréquemment la mortalité et retirent les coquilles vides. Chaque manipulation doit cependant rester mesurée, car elle représente elle-même un stress pour les huîtres.

La diversité des parcs constitue une forme de protection : des lots répartis entre plusieurs zones ne subissent pas exactement les mêmes conditions. Le banc d’Arguin, l’entrée océanique et le fond du Bassin présentent des courants, des températures et des salinités différents. Le Comité régional de la conchyliculture Arcachon Aquitaine représente la profession et accompagne le suivi de ces enjeux.

À plus long terme, l’adaptation pourra passer par la sélection de souches plus résistantes, une meilleure connaissance des microclimats aquatiques et des outils d’alerte plus précis. Le changement climatique oblige la filière à anticiper des épisodes chauds plus fréquents et plus précoces.

L’ostréiculture structure l’économie, les paysages et l’identité du Bassin, ce qui rend son adaptation climatique particulièrement stratégique. – Crédit :

Aucune confusion avec la sécurité sanitaire

La mortalité provoquée ou accentuée par la chaleur relève de la santé des coquillages et de la production. Elle ne constitue pas automatiquement un danger pour le consommateur. Les interdictions de vente sont décidées séparément par la préfecture lorsque les analyses sanitaires révèlent un risque microbiologique ou toxique.

À ce stade, aucune interdiction générale liée à cet épisode de chaleur n’a été identifiée dans les informations officielles consultées. Les consommateurs doivent néanmoins respecter la chaîne du froid, acheter des huîtres issues d’un circuit agréé et suivre les éventuelles consignes préfectorales. Pour les ostréiculteurs, l’urgence reste surtout de préserver les prochaines générations d’huîtres et la viabilité économique des exploitations.

À lire aussi : Les prévisions météo du jeudi 13 août à Bordeaux

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page