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Bordeaux Métropole : l’emploi résiste mais l’économie montre des signes de ralentissement

L’économie de Bordeaux Métropole résiste, mais montre des signes de ralentissement au premier trimestre 2026. Le territoire compte 444 084 emplois privés, un niveau presque stable, tandis que l’intérim s’effondre et que le nombre de demandeurs d’emploi augmente. Les implantations d’entreprises et les levées de fonds restent dynamiques, mais le bâtiment, l’hôtellerie-restauration et l’immobilier professionnel traversent une période nettement plus difficile.

L’emploi privé reste presque stable dans la métropole bordelaise, mais cette moyenne masque des évolutions sectorielles très contrastées. – Crédit : Pexels

444 084 emplois privés, mais l’intérim décroche

À la fin du quatrième trimestre 2025, Bordeaux Métropole comptait 444 084 emplois privés, soit seulement 215 de moins en trois mois. Cette variation de -0,05 % confirme une forme de stabilité globale. Les 337 760 emplois salariés privés sont inchangés sur le trimestre et progressent encore de 0,5 % sur un an.

Cette résistance ne concerne toutefois pas toutes les formes d’activité. Le nombre d’intérimaires tombe à 7 805, en recul de 46 % sur un trimestre et de 34 % sur un an. L’intérim, souvent considéré comme un indicateur avancé de la conjoncture, montre que les employeurs deviennent plus prudents face aux incertitudes.

À l’inverse, les 98 519 entrepreneurs individuels progressent de 2,9 % en trois mois et de 2,4 % sur un an. Le salaire moyen par tête atteint 3 115 euros brut mensuels, en hausse de 112 euros en douze mois. Les données économiques et les dispositifs métropolitains destinés aux entreprises sont accessibles sur le portail de Bordeaux Métropole Entreprendre.

Le chômage augmente malgré davantage d’embauches

Au premier trimestre 2026, 82 519 demandeurs d’emploi de catégories A, B et C sont recensés dans la métropole, soit une hausse de 2,7 % par rapport au premier trimestre 2025. Cette évolution doit néanmoins être lue avec prudence, car la loi pour le plein emploi et la modification des règles d’actualisation affectent les comparaisons.

Dans le même temps, 131 370 embauches ont été enregistrées au quatrième trimestre 2025, soit 8,6 % de plus qu’un an auparavant. Seules 26 % dépassent toutefois un mois. L’économie métropolitaine continue donc à recruter, mais une part importante des contrats demeure courte.

Le profil des demandeurs d’emploi reste diversifié : 49,3 % sont des femmes, 14,7 % ont moins de 25 ans et 21,7 % ont au moins 50 ans. Pour suivre l’évolution du marché du travail et rechercher les offres disponibles, le portail de France Travail reste la ressource de référence.

Les embauches progressent sur un an, mais le nombre de demandeurs d’emploi augmente et une majorité des contrats restent courts. – Crédit : Pexels

Bâtiment et hôtellerie-restauration sous pression

Les secteurs ne traversent pas le trimestre de la même manière. Dans l’industrie, les emplois salariés privés progressent légèrement de 0,2 %, mais les offres déposées au cours des trois derniers mois reculent de 14,1 %. Seuls 15 % des dirigeants industriels se disent confiants dans l’économie nationale, contre 64 % dans la pérennité de leur propre entreprise.

Le bâtiment présente une situation plus dégradée : les emplois salariés y diminuent de 2,6 % et le nombre d’indépendants de 1,6 %. Les offres d’emploi chutent de 11,7 %. La confiance des dirigeants dans l’économie nationale tombe à 8 %, tandis que leur confiance dans la pérennité de leur entreprise recule de douze points, à 57 %.

Dans le commerce, les emplois salariés augmentent encore de 0,4 %, mais les offres d’emploi baissent de 25 %. L’hôtellerie-restauration perd 1,2 % de ses salariés, alors que le nombre de travailleurs indépendants progresse de 4,5 %. Dans ce secteur, seuls 44 % des dirigeants restent confiants dans la pérennité de leur établissement, soit seize points de moins.

Les investissements résistent dans les filières innovantes

Malgré ces tensions, la métropole conserve une capacité d’attraction. Quinze décisions d’implantation ont été annoncées au premier trimestre 2026, une de plus qu’un an auparavant. Elles pourraient représenter 240 emplois supplémentaires à trois ans, notamment dans l’aéronautique, le spatial, la défense, le numérique et les technologies environnementales.

Les investissements privés recensés atteignent 57 millions d’euros, dont 20 millions de levées de fonds pour des start-up. FineHeart prépare son installation à Pessac autour d’une pompe cardiaque miniature, tandis qu’Aerix Systems développe à Mérignac un drone omnidirectionnel destiné à la lutte anti-drones. Dionymer, également basée à Mérignac, a levé 7 millions d’euros pour transformer des biodéchets en polymères biodégradables.

Les secteurs de la santé, de l’aéronautique et des technologies vertes continuent d’attirer investissements et implantations dans la métropole. – Crédit : Pexels

L’immobilier d’entreprise ralentit fortement

Le marché immobilier économique constitue l’autre signal d’alerte. Au premier trimestre, la demande placée recule de 50 % pour les bureaux, de 35 % pour les entrepôts et de 52 % pour les locaux d’activités par rapport à la même période de 2025.

Parallèlement, l’offre disponible continue d’augmenter : elle atteint 295 000 m² de bureaux, 115 500 m² d’entrepôts et 279 500 m² de locaux d’activités. Les loyers restent pourtant globalement stables, avec un niveau prime de 320 euros hors taxes par mètre carré et par an à Bordeaux.

Le tableau général n’est donc ni celui d’un effondrement ni celui d’une croissance franche. Bordeaux Métropole conserve des moteurs solides et une attractivité technologique réelle, mais le ralentissement des recrutements durables et de l’immobilier professionnel appelle à la vigilance pour la suite de 2026.

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