ActuNews

Stéphane Gabard reprend la présidence des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur

Le viticulteur girondin Stéphane Gabard reprend la présidence du Syndicat des AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Élu le 21 juillet 2026 par le conseil d’administration, il retrouve une fonction qu’il avait occupée entre 2020 et 2025. Son retour intervient dans une période critique pour le vignoble, confronté à la baisse des prix, au recul de la consommation et à l’urgence de l’adaptation climatique.

Stéphane Gabard retrouve la présidence du principal syndicat d’appellations girondin après une année éloignée de cette responsabilité.

Un retour à la présidence après un an d’absence

Stéphane Gabard était le seul candidat au moment du vote du conseil d’administration. Viticulteur à Galgon, dans le Fronsadais, il connaît bien l’organisation : avant d’en devenir président pour la première fois en décembre 2020, il avait occupé pendant sept ans la fonction de trésorier.

Il avait dirigé le syndicat jusqu’à l’été 2025, lorsqu’un vote interne très serré avait porté Michel-Éric Jacquin à la présidence. Ce dernier ne s’est pas représenté cette année. Il pourra néanmoins continuer à siéger au conseil comme représentant de Fine de Bordeaux, tout en préparant la transmission familiale de son domaine et de sa distillerie à Croignon.

Avec cette nouvelle élection, Stéphane Gabard reprend la direction de l’un des organismes viticoles les plus importants de Gironde. Le syndicat assure la défense et la gestion des appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur, veille à leurs cahiers des charges et participe à leur promotion.

La rémunération des viticulteurs au cœur des priorités

Le premier défi sera économique. Les appellations régionales subissent depuis plusieurs années une combinaison difficile : consommation de vin en baisse, excédents de production, pression sur les ventes en vrac et augmentation des coûts. De nombreuses exploitations peinent à couvrir leurs charges et à maintenir leur activité.

Les appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur font face à une baisse des prix et à de profondes difficultés économiques. – Crédit : Pexels

La question du prix payé aux producteurs devrait donc occuper une place centrale dans le nouveau mandat. Lors de ses précédentes responsabilités, Stéphane Gabard avait déjà défendu une meilleure valorisation des vins et du travail des vignerons. La régulation des volumes, la segmentation de l’offre et la promotion des appellations resteront des leviers essentiels.

Le syndicat représente plusieurs milliers de viticulteurs et remplit une mission d’intérêt général autour des terroirs et des savoir-faire. Son rôle comprend aussi la protection du nom des appellations, la participation aux contrôles et la production de données sur la filière. Les professionnels peuvent retrouver ses informations sur l’espace de Planète Bordeaux.

Chaleur, sécheresse et irrigation en débat

Au volet commercial s’ajoute désormais l’adaptation au changement climatique. Les épisodes de chaleur et le manque d’eau affectent le cycle de la vigne, la maturité des raisins et les rendements. Dans ce contexte, le débat sur l’irrigation du vignoble prend une place croissante.

Les réponses possibles ne se limitent toutefois pas à l’apport d’eau. Choix des cépages, pratiques culturales, gestion des sols et évolution des cahiers des charges participent également à la transformation du vignoble. L’Institut national de l’origine et de la qualité présente sur son site les règles et missions liées aux appellations d’origine.

Lors de ses précédents mandats, Stéphane Gabard avait accompagné l’expérimentation de nouveaux cépages adaptés aux évolutions climatiques. La prochaine étape consistera à transformer ces pistes en solutions accessibles, cohérentes avec l’identité des vins et économiquement supportables pour les domaines.

L’adaptation du vignoble à la chaleur mobilise plusieurs leviers, des cépages aux pratiques culturales en passant par la gestion de l’eau.

Une feuille de route très attendue

Le retour de Stéphane Gabard ne résout pas à lui seul les difficultés structurelles du Bordeaux. Il ouvre néanmoins une nouvelle séquence de gouvernance dans laquelle les producteurs attendent des décisions rapides, lisibles et collectives.

La priorité sera de concilier réduction des volumes, remontée de la valeur et transition environnementale. Le syndicat devra également continuer à renouveler l’image des deux appellations, en tenant compte de nouvelles habitudes de consommation et d’un marché devenu plus concurrentiel.

À la tête de l’organisation, Stéphane Gabard retrouve ainsi des dossiers qu’il connaît déjà, mais dans un contexte encore plus tendu. Pour les exploitations girondines, l’enjeu est clair : retrouver durablement de la rentabilité sans perdre l’identité bordelaise.

À lire aussi : Les prévisions météo du mardi 18 août à Bordeaux

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page