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Bordeaux : La Grande Maison de Bernard Magrez change de propriétaire

Une adresse emblématique du quartier Labottière change de mains. La Grande Maison de Bordeaux, ancien hôtel cinq étoiles et restaurant doublement étoilé détenu par Bernard Magrez, a été rachetée par l’entrepreneur girondin Nicolas Leroy-Fleuriot. Derrière sa façade en pierre du XIXe siècle, cette propriété de plus de 700 m² ouvre un nouveau chapitre. Le projet précis du nouveau propriétaire n’est pas encore dévoilé.

La Grande Maison, ancien hôtel de prestige et restaurant étoilé du quartier Labottière, vient d’être rachetée à Bernard Magrez. – Crédit : La Grande Maison

Une demeure bordelaise au passé gastronomique prestigieux

Au 10 rue Labottière, l’élégante façade reste associée à l’une des aventures gastronomiques les plus commentées de la dernière décennie bordelaise. Bernard Magrez avait transformé cet hôtel particulier de la fin du XIXe siècle en établissement confidentiel, inauguré en décembre 2014. La maison combinait six chambres, des salons aux décors opulents et une table pensée pour attirer à Bordeaux une clientèle internationale.

La Grande Maison a d’abord accueilli Joël Robuchon, puis Pierre Gagnaire. Sous la direction de ce dernier, le restaurant a conservé deux étoiles au Guide Michelin. La fermeture annoncée en 2020, dans le contexte de la crise sanitaire, avait mis fin à cette période. Le lieu a ensuite conservé une activité plus discrète, notamment autour de réceptions et d’événements privés, avant d’être proposé à la vente.

Plus de 700 m² au cœur du quartier Labottière

Le bien dépasse largement le cadre d’une maison de ville classique. La propriété développe environ 703 m² habitables et plus de 900 m² au total. Elle compte quinze pièces, six chambres et autant de salles de bains. Moulures, parquets, escalier monumental, volumes de réception et cour arborée composent un ensemble conçu pour l’hospitalité haut de gamme.

La demeure développe environ 703 m² habitables, avec quinze pièces, six chambres et de vastes espaces de réception décorés avec soin. – Crédit : La Grande Maison

Lors de sa commercialisation, La Grande Maison était affichée à 5,46 millions d’euros. Le montant définitif de la transaction n’a pas été rendu public. La présentation détaillée de la propriété dans le quartier Labottière permet de mesurer l’ampleur de cette demeure et de ses équipements. Cette acquisition porte autant sur un patrimoine immobilier rare que sur un nom solidement installé dans l’histoire récente de Bordeaux.

Nicolas Leroy-Fleuriot, une figure de l’économie girondine

Le nouvel acquéreur n’est pas un inconnu du monde économique local. Nicolas Leroy-Fleuriot a construit l’essentiel de sa trajectoire dans les services numériques. En 2004, il reprend Cheops Technology, alors petite entreprise d’une vingtaine de salariés, avant de transférer son siège à Bordeaux et d’en faire un acteur national des infrastructures informatiques, du cloud et de la cybersécurité.

Sous sa direction, l’entreprise a franchi le cap des 200 millions d’euros de chiffre d’affaires et s’est développée dans plusieurs régions françaises. Son parcours est détaillé dans la présentation professionnelle consacrée à Nicolas Leroy-Fleuriot et à son attachement à Bordeaux. Passionné par le vin, les automobiles de collection et l’entrepreneuriat, il reste très présent dans les réseaux économiques girondins.

Quel avenir pour La Grande Maison ?

C’est désormais la principale question. Aucune nouvelle destination officielle n’a encore été annoncée. La configuration du lieu autorise plusieurs hypothèses : résidence privée, activité événementielle, projet hôtelier ou retour d’une table gastronomique. Rien ne permet toutefois, à ce stade, de privilégier l’une de ces pistes. Le rachat constitue donc une étape patrimoniale et entrepreneuriale, mais pas encore l’annonce d’une réouverture au public.

Le nouveau propriétaire n’a pas encore dévoilé la future destination de cette adresse bordelaise longtemps liée à la haute gastronomie. – Crédit : La Grande Maison

La demeure se prête naturellement à des usages de prestige, mais son fonctionnement impose aussi des investissements, du personnel et une stratégie commerciale précise. Le souvenir du restaurant étoilé crée une forte attente, particulièrement à Bordeaux où la scène gastronomique s’est considérablement renouvelée depuis 2020. Toute annonce concernant le bâtiment sera donc scrutée par les professionnels de l’hôtellerie, de la restauration et de l’événementiel.

Un passage de témoin entre deux entrepreneurs bordelais

Cette vente marque également le transfert d’un bien très personnel entre deux figures du monde des affaires. Bernard Magrez avait donné son nom et son univers à La Grande Maison, en faisant une vitrine de ses vignobles et de l’art de vivre bordelais. Nicolas Leroy-Fleuriot récupère désormais une propriété chargée de cette identité, avec la possibilité d’en écrire une suite très différente.

Pour Bordeaux, l’enjeu dépasse la seule transaction immobilière. La Grande Maison appartient au paysage patrimonial et gastronomique de la ville, même si ses portes ne sont plus ouvertes comme autrefois. Son changement de propriétaire relance l’intérêt autour d’une adresse restée silencieuse pendant plusieurs années. Le prochain chapitre dépendra du projet choisi : préserver l’esprit du lieu, le transformer ou lui rendre une place active dans la vie bordelaise.

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