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Après le mégafeu en Gironde, les réseaux télécoms face au défi de la reconstruction

Le mégafeu parti de Saumos a également frappé les infrastructures numériques de Gironde. Entre Le Porge, Le Temple et Audenge, des kilomètres de fibre et des centaines de poteaux ont été endommagés, privant plusieurs milliers de foyers d’Internet. Alors que les réparations avancent, le sinistre relance une question cruciale : comment rendre les réseaux télécoms plus résistants aux catastrophes climatiques ?

Des techniciens interviennent sur les lignes de fibre et les équipements télécoms touchés par le mégafeu dans plusieurs communes girondines. – Crédit : Pexels

Des câbles brûlés sur des dizaines de kilomètres

Dans les zones traversées par les flammes, les dégâts ne se limitent pas aux maisons et aux massifs forestiers. Les poteaux qui portaient les lignes aériennes se sont consumés ou effondrés, entraînant avec eux les câbles indispensables aux connexions fixes et mobiles. Le bilan fait état de 80 kilomètres de fibre optique et de 1 200 poteaux endommagés sur le réseau public girondin.

Cette infrastructure dessert plus de 520 000 foyers et entreprises dans les territoires ruraux du département. Sa remise en état suppose de remplacer les supports, de tirer de nouveaux câbles puis de réaliser des raccordements minutieux. Sur certains secteurs, les techniciens travaillent au milieu de paysages encore noircis, avec des contraintes d’accès et de sécurité qui ralentissent nécessairement les opérations.

La téléphonie mobile a elle aussi été perturbée. Au plus fort de l’incendie, treize antennes ont été mises hors service. La majorité a cessé de fonctionner après des coupures d’électricité, tandis que deux installations ont été directement détruites par le feu. Des antennes provisoires ont notamment été déployées au Porge pour rétablir une couverture minimale.

Des habitants encore privés de connexion

Environ 5 000 foyers ont perdu leur accès à Internet fixe pendant la crise. Plusieurs semaines plus tard, quelque 600 foyers restaient concernés, auxquels s’ajoutaient environ 150 abonnés ADSL. Derrière ces chiffres se trouvent des besoins très concrets : contacter son assurance, transmettre des justificatifs, suivre un dossier de relogement, travailler à distance ou simplement garder le contact avec ses proches.

Au Porge, où de nombreuses habitations ont été détruites, quatorze kilomètres de lignes et 171 poteaux doivent être repris. La reconstruction complète pourrait prendre plusieurs mois. Les opérateurs proposent ponctuellement des équipements 4G ou 5G de substitution, mais leur efficacité dépend de la couverture disponible, de l’alimentation électrique et de la saturation locale du réseau.

Au Porge et dans les communes voisines, la reconstruction numérique conditionne aussi les démarches administratives et le retour à une vie quotidienne normale. – Crédit : Pexels

L’enfouissement a limité une partie des dégâts

Le réseau girondin n’a pourtant pas été conçu sans précaution. Dès son déploiement, certaines artères jugées essentielles ont été enterrées. Plus coûteux à construire, cet enfouissement les protège des chutes d’arbres, des vents violents et, dans une certaine mesure, des incendies. Ce choix a permis d’éviter une rupture encore plus vaste des communications.

Il ne règle toutefois pas la vulnérabilité des lignes secondaires installées sur des poteaux, ni celle des équipements actifs qui dépendent du courant. Une box s’arrête immédiatement en cas de coupure électrique. Une antenne mobile dispose généralement d’une autonomie limitée. Quand plusieurs réseaux tombent simultanément, les habitants comme les services de secours peuvent perdre un outil essentiel au moment où ils en ont le plus besoin.

L’Arcep place désormais cette question au cœur de ses travaux prospectifs. Sa note consacrée à la résilience des réseaux télécoms face aux événements extrêmes présente les menaces identifiées et les pistes envisagées pour assurer la continuité ou accélérer le retour du service.

Un chantier estimé entre 40 et 200 millions d’euros

La Gironde avait engagé dès 2023 un schéma local de résilience pour son réseau rural. Parmi les solutions étudiées figurent l’enfouissement de nouvelles portions de fibre, le déplacement d’armoires situées dans des secteurs exposés et l’élagage régulier autour des lignes aériennes. Le coût de cette adaptation est aujourd’hui évalué entre 40 et 200 millions d’euros sur dix à vingt ans.

Reste à déterminer qui financera ces travaux : collectivités propriétaires des infrastructures, gestionnaires des réseaux, opérateurs commerciaux ou État. Les divergences sont importantes, alors même que les tempêtes, les inondations et les incendies rendent l’investissement plus urgent. À l’échelle nationale, l’enfouissement de 115 000 kilomètres de fibre dans les zones à risque représenterait près de 10 milliards d’euros.

L’enfouissement des câbles, le déplacement des équipements exposés et l’entretien des abords figurent parmi les principales pistes de sécurisation. – Crédit : Pexels

Que faire lorsqu’une panne persiste ?

Les abonnés concernés doivent d’abord déclarer l’interruption auprès de leur opérateur et demander quelles solutions temporaires peuvent être fournies. Il est utile de conserver les numéros de dossier, les dates des échanges et les éventuelles périodes sans service. Si la difficulté perdure, la plateforme publique J’alerte l’Arcep permet de signaler précisément un problème d’accès à Internet ou de couverture mobile et délivre des recommandations adaptées à la situation décrite.

Le mégafeu girondin rappelle enfin qu’une connexion n’est plus un simple confort. Elle soutient les secours, l’activité économique, les démarches administratives et l’information des habitants. Reconstruire le réseau ne suffira donc pas : il faudra aussi préparer le prochain choc climatique, en arbitrant rapidement les investissements indispensables.

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