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À Mérignac, Alsymex réunit cinq PME pour conquérir la fusion nucléaire

Depuis son siège de Mérignac, Alsymex avance sur l’un des marchés industriels les plus exigeants au monde : la fusion nucléaire. L’entreprise, née fin 2021 du rapprochement de cinq PME du groupe Alcen, intervient sur le projet international ITER et collabore désormais avec l’allemand Gauss Fusion. Son pari consiste à transformer des savoir-faire mécaniques très spécialisés en une force capable de remporter de grands contrats internationaux.

Depuis Mérignac, Alsymex coordonne des compétences d’ingénierie et de fabrication capables de répondre aux cahiers des charges extrêmes de la fusion nucléaire – Crédit : Pexels

Cinq PME rassemblées pour changer de dimension

Alsymex ne s’est pas construite comme une start-up partie d’une idée unique. Sa puissance vient de l’assemblage d’entreprises déjà aguerries : Alsyom, Alynox, Atmostat, Champalle et SEIV. Le rapprochement des cinq PME a changé l’échelle commerciale. Réunies à la fin de 2021, elles ont apporté des métiers complémentaires, de l’étude mécanique à l’usinage de précision, en passant par le soudage, l’intégration, le contrôle-commande et la maintenance de systèmes complexes.

Ce regroupement permet de présenter un interlocuteur unique face à des donneurs d’ordre qui confient des programmes longs, coûteux et soumis à des niveaux de sûreté rarement rencontrés ailleurs. Alsymex compte aujourd’hui environ 600 collaborateurs répartis entre Mérignac, Bordeaux, Tarbes, Villejuif et Bourg-en-Bresse. Son siège se trouve au 10 rue de Bacaris, tandis que son site Bordeaux-Garonne est installé rue Achard.

Des pièces que l’industrie classique ne sait pas fabriquer

La fusion nucléaire impose des matériaux et des assemblages capables de résister à des températures, des pressions et des rayonnements extrêmes. Alsymex usine des composants de grandes dimensions avec une précision de quelques centièmes de millimètre, assemble en salles blanches et maîtrise des procédés spéciaux comme la soudure par faisceau d’électrons ou la compression isostatique à chaud.

Ces moyens répondent directement aux besoins des réacteurs expérimentaux. La page consacrée aux applications d’Alsymex dans la fusion et les grandes infrastructures scientifiques présente notamment les pompes cryogéniques et les systèmes d’injection développés pour ITER. L’entreprise ne construit pas seule une centrale : elle fabrique les sous-ensembles critiques sans lesquels les concepts de laboratoire ne peuvent devenir des machines industrielles.

Usinage de précision, soudage spécial et intégration en salle blanche placent Alsymex sur des composants essentiels des futures machines de fusion – Crédit : Alsymex

ITER, la référence qui ouvre les portes

À Cadarache, ITER rassemble des partenaires internationaux autour d’un objectif : démontrer la faisabilité scientifique et technologique de la fusion magnétique à grande échelle. Alsymex y a accumulé une expérience précieuse sur les composants exposés au plasma, le chauffage, le pompage et le cycle du combustible. Cette participation agit comme une carte de visite sur un marché où très peu d’industriels peuvent prouver qu’ils ont déjà livré.

En 2026, l’entreprise a notamment achevé l’assemblage et les essais de la source de faisceau MITICA destinée au chauffage du plasma. Cette étape valide une capacité à intégrer des ensembles scientifiques hors norme. Le compte rendu publié par Fusion for Energy détaille la livraison de la source MITICA par Alsymex et le rôle de ses équipes industrielles.

La coopération avec Gauss Fusion prolonge l’expérience acquise sur ITER et rapproche Mérignac du futur marché européen des centrales à fusion – Crédit : Alsymex

Gauss Fusion renforce l’ancrage girondin

La suite se joue aussi près de Bordeaux. Gauss Fusion, entreprise européenne créée par plusieurs industriels dont Alcen, a choisi Mérignac pour implanter son premier bureau français et préparer un centre d’excellence consacré au tritium. Avec Alsymex, elle travaille sur la fabricabilité d’une couverture tritigène, composant indispensable pour produire le combustible nécessaire au fonctionnement continu d’une future centrale.

Le bassin bordelais gagne ainsi une place dans la chaîne européenne de la fusion, entre recherche, conception et production. Le calendrier reste lointain : Gauss Fusion vise une centrale commerciale de classe gigawatt à l’horizon 2045. Mais les choix industriels se prennent déjà. En réunissant cinq PME, Alsymex s’est donné la taille et la palette technique pour ne plus rester sous-traitant d’une seule pièce, mais partenaire de programmes entiers.

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