Bruges devient la première commune de Bordeaux Métropole à expérimenter la technique de l’insecte stérile contre le moustique tigre. Après un lancement symbolique le 8 septembre, le dispositif prendra réellement son ampleur au printemps 2027. Pendant trois ans, 200 000 mâles stériles seront relâchés chaque semaine entre Villabois et Ausone afin de freiner naturellement la reproduction de cette espèce invasive.

Une zone pilote de 82 hectares au cœur de Bruges
L’expérimentation couvrira un secteur allant de Villabois au parc Ausone, soit environ 82 hectares. Ce périmètre a été retenu après plusieurs mois d’observation commencés en avril pour repérer les secteurs les plus touchés. À partir d’avril 2027, 60 points de lâcher permettront de répartir les insectes de manière régulière jusqu’en octobre.
Le programme doit durer trois ans, une durée nécessaire pour mesurer l’évolution réelle de la population. Les équipes interviendront chaque semaine et iront aussi à la rencontre des habitants. La municipalité détaille déjà les actions engagées à Bruges et les gestes à adopter contre le moustique tigre.
Des mâles stériles qui ne piquent pas
La méthode peut surprendre : pour combattre le moustique, la ville va en relâcher davantage. Mais seuls les mâles seront introduits. Or, les moustiques mâles ne piquent pas. Élevés puis stérilisés, ils s’accouplent avec les femelles sauvages. Celles-ci continuent à pondre, mais leurs œufs ne produisent aucune descendance.

Le principe repose sur le comportement de l’espèce : une femelle ne s’accouple qu’une seule fois au cours de sa vie. En multipliant les mâles stériles dans la zone, le projet cherche donc à réduire progressivement le nombre de naissances. Dès le printemps, environ 200 000 moustiques seront libérés chaque semaine, sans pulvérisation de pesticide.
Pourquoi l’expérience peut rester très locale
Le moustique tigre voyage peu par ses propres moyens. Son rayon de déplacement dépasse rarement 150 mètres autour de son lieu de naissance. Cette particularité permet de cibler un quartier avec précision, mais elle rappelle également que l’insecte qui pique dans un jardin est généralement né à proximité. La mobilisation des riverains reste donc indispensable.
Récupérateurs d’eau mal fermés, regards pluviaux, coupelles, seaux ou terrasses sur plots constituent autant de petits gîtes larvaires. Une seule femelle peut pondre plusieurs centaines d’œufs. Bordeaux Métropole rassemble sur une page dédiée la liste des gestes préventifs et le formulaire de signalement d’un foyer de moustiques.
L’enjeu ne concerne pas seulement le confort des soirées d’été. Le moustique tigre peut transmettre la dengue, le chikungunya ou le virus Zika lorsqu’il pique successivement une personne infectée puis une autre. La surveillance sanitaire accompagne donc la lutte quotidienne contre les nuisances, sans pour autant considérer chaque moustique comme porteur d’une maladie.

Un test suivi par toute la métropole
Bruges servira de laboratoire à ciel ouvert pour Bordeaux Métropole, qui a adopté en juin une feuille de route renforçant la lutte contre les moustiques. Les résultats du programme seront observés avec attention par les autres communes. Si la baisse se confirme, la technique de l’insecte stérile pourrait compléter les actions du centre métropolitain de démoustication sur d’autres secteurs.
Cette solution ne promet toutefois pas une disparition immédiate. Son efficacité dépend de lâchers réguliers, d’un suivi scientifique et de la suppression des eaux stagnantes chez les particuliers. Elle vise une baisse progressive, génération après génération, en associant technologie et prévention de proximité.
Le véritable coup d’envoi est attendu en avril 2027. D’ici là, Bruges prépare une expérimentation inédite dans la métropole, dont les habitants seront à la fois témoins et acteurs.
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