Dans la continuité des résultats observés en 2024, l’année 2025 marque une étape importante dans la mise en œuvre du plan d’action départemental pour la restauration de la sécurité du quotidien (PADRSQ) en Gironde. Les actions engagées ont commencé à produire des effets visibles : la délinquance reste globalement stable et maîtrisée sur la majorité des indicateurs, même si certaines évolutions préoccupantes appellent une vigilance accrue.
L’année 2025 a été marquée par une mobilisation exceptionnelle des forces de sécurité intérieure. Cette dynamique s’est traduite par une présence renforcée sur la voie publique, une multiplication des opérations de visibilité, notamment à travers le dispositif « Villes de sécurité renforcée », ainsi que par l’entrée en vigueur de la loi du 13 juin 2025 visant à intensifier la lutte contre le narcotrafic. L’objectif affiché est clair : restaurer un sentiment de sécurité durable et agir de manière ciblée contre les formes les plus structurées de délinquance.

Le PADRSQ, un cadre stratégique structurant
Axé sur plusieurs priorités fortes — visibilité des forces de l’ordre, lutte contre le narcotrafic, lutte contre les installations illicites et l’immigration irrégulière, et renforcement des partenariats locaux — le PADRSQ s’est imposé comme un cadre stratégique efficace. Les résultats sont concrets. La présence des forces de sécurité sur la voie publique a nettement augmenté, favorisant une relation de proximité avec la population. En parallèle, 156 évacuations de squats ont été menées, principalement dans l’agglomération bordelaise, avec une baisse significative de 17 % des nouveaux squats recensés.
Autre indicateur révélateur : les opérations conjointes entre forces de sécurité intérieure et polices municipales ont progressé de 70 %. Cette montée en puissance du continuum de sécurité — associant également la sûreté ferroviaire et les opérateurs de transport — témoigne d’une meilleure coordination des acteurs au service de la tranquillité publique.
Des atteintes aux biens en recul, mais une hausse des violences
Sur le plan statistique, les atteintes aux biens enregistrent une légère baisse de 0,7 %. Cette tendance positive est particulièrement marquée pour les cambriolages de logements (– 12,5 %), les vols de véhicules (– 12,2 %) et les infractions liées à l’automobile (– 2,4 %). Ces résultats sont le fruit d’actions de prévention ciblées, d’une présence dissuasive accrue et de plusieurs opérations judiciaires d’envergure ayant permis de désorganiser durablement des réseaux criminels.

En revanche, les atteintes volontaires à l’intégrité physique progressent de 4,7 %, suivant une dynamique nationale préoccupante. Si les violences avec armes reculent de 13,5 %, la hausse est principalement portée par les violences intrafamiliales (+ 7,4 %), les violences sexuelles (+ 4,4 %) et les violences dans les transports en commun (+ 17 %). Ces infractions mobilisent fortement les forces de l’ordre et l’autorité judiciaire, et constituent désormais un enjeu central de l’action publique.
Narcotrafic : une mobilisation sans précédent
La lutte contre le narcotrafic a connu en 2025 une intensification historique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 33 millions d’euros d’avoirs criminels saisis (+ 166 %), 313 kg de cocaïne (+ 677 %) et 2 645 kg de cannabis (+ 589 %). Cette stratégie vise clairement à frapper les réseaux criminels au portefeuille, tout en renforçant les interpellations, avec une hausse de 20 % des mis en cause pour trafic de stupéfiants.

Pour 2026, les priorités sont réaffirmées et renforcées. Un cinquième axe du PADRSQ sera dédié spécifiquement à la lutte contre les violences, notamment intrafamiliales et sexuelles, dont le niveau reste jugé inacceptable. Par ailleurs, la lutte contre la criminalité organisée s’appuiera sur le nouveau comité opérationnel de lutte contre le blanchiment (COLBLANC), installé le 21 janvier 2026 par le procureur de la République de Bordeaux et le préfet.
Comme l’a rappelé Étienne Guyot, préfet de la Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde : la sécurité restera au cœur de l’action de l’État en 2026, avec une coordination étroite entre autorités administratives, judiciaires, élus locaux et acteurs du continuum de sécurité. Une action résolue, pensée dans la durée, pour répondre aux attentes légitimes des habitants.
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