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Bordeaux : le géant du cannelé Baillardran en grande difficulté

C’est un symbole de Bordeaux qui vacille. L’enseigne Baillardran, connue pour ses célèbres cannelés et ses boutiques rouges et or, traverse une crise majeure. Selon les informations de France 3 Nouvelle-Aquitaine, la holding principale du groupe a été placée en redressement judiciaire, relançant une question sensible : l’empire Baillardran est-il en train de s’effondrer ?


Une procédure judiciaire lourde de conséquences

Le 22 avril 2026, le tribunal de commerce de Bordeaux a placé la société Will Distribution, qui gère la majorité des boutiques Baillardran, en redressement judiciaire. Cette décision fait suite à une demande de son dirigeant, Philippe Baillardran, dans un contexte financier devenu critique.

Dans le même temps, une autre structure du groupe, PR8 Développement, dirigée par son fils Cyril Baillardran, a été placée en liquidation judiciaire. D’autres sociétés liées à l’enseigne sont également concernées. Au total, près de 95 salariés sont aujourd’hui directement impactés par cette situation incertaine.


Inflation, Covid et condamnation : les raisons de la chute

Plusieurs facteurs expliquent les difficultés rencontrées par Baillardran. Comme beaucoup d’acteurs du secteur, l’entreprise a subi les conséquences de la crise sanitaire du Covid-19, suivie d’une hausse importante des coûts : matières premières, énergie, loyers.

Mais un autre élément a fragilisé encore davantage l’image de la marque. En janvier 2025, le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné l’enseigne à une amende de 100 000 euros pour pratiques commerciales trompeuses.

L’enquête menée par la DDPP avait révélé que certains cannelés vendus comme “frais” étaient en réalité congelés puis décongelés. D’autres irrégularités concernaient les ingrédients : la vanille annoncée n’était pas toujours utilisée, remplacée par des arômes, et certaines compositions étaient jugées trompeuses.


Des pratiques déjà dénoncées en interne

Ces révélations faisaient écho à une enquête de France 3 Aquitaine, basée sur les témoignages de plusieurs salariés. Certains évoquaient des conditions de travail dégradées, des problèmes d’hygiène ou encore des pratiques discutables en cuisine.

Lors du procès, le parquet avait requis une amende bien plus lourde, estimée à 800 000 euros. Celle-ci a finalement été réduite en tenant compte de la situation financière de l’entreprise.


Une chute progressive du chiffre d’affaires

Il y a encore trois ans, Baillardran affichait pourtant une santé solide avec un chiffre d’affaires avoisinant les 12,37 millions d’euros. L’enseigne avait même été mise en avant lors de la visite du roi Charles III à Bordeaux.

Mais la tendance s’est rapidement inversée. En 2024, le chiffre d’affaires est tombé à 11,1 millions d’euros, avant de chuter à une estimation de 8,5 millions d’euros en 2025, générant un déficit d’environ 240 000 euros. Face à cette baisse et à une concurrence accrue — notamment de La Toque Cuivrée — la situation est devenue critique.


Quel avenir pour Baillardran ?

Aujourd’hui, l’avenir de Baillardran reste incertain. La procédure de redressement judiciaire laisse une porte ouverte à une reprise, à condition qu’un repreneur solide se manifeste rapidement.

Pour Bordeaux, ce dossier dépasse le simple cadre économique. Il touche à une institution locale, profondément ancrée dans l’identité gastronomique de la ville. La question reste entière : Baillardran peut-il se relever, ou assiste-t-on à la fin d’un symbole bordelais ?

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