La lutte contre la fraude fiscale s’est encore intensifiée en Gironde. Selon les derniers chiffres communiqués par la Direction régionale des finances publiques (DRFIP), plus de 27 000 contrôles fiscaux ont été réalisés en 2025 dans le département. Résultat : 194 millions d’euros de droits et pénalités ont été récupérés, un montant en nette progression par rapport aux années précédentes. Une activité qui repose désormais sur des outils de plus en plus performants, notamment l’intelligence artificielle et l’analyse des données.
Plus de 27 000 contrôles réalisés en Gironde

En 2025, les services fiscaux ont mené 27 000 opérations de contrôle dans le département. La très grande majorité de ces vérifications correspond à des contrôles sur dossier, réalisés directement depuis les bureaux de l’administration. Ces procédures permettent de comparer les déclarations fiscales avec les différentes informations dont dispose l’administration.
Dans de nombreux cas, lorsqu’aucune anomalie n’est détectée, le contribuable n’a même pas connaissance de cette vérification.
En parallèle, un peu plus de 1 000 contrôles sur place ont été effectués auprès des particuliers et des entreprises. Bien que moins nombreux, ces contrôles sont souvent les plus productifs puisqu’ils représentent à eux seuls plus de 116 millions d’euros de recouvrements.
194 millions d’euros récupérés par l’administration
Au total, les opérations de contrôle ont permis de récupérer 194 millions d’euros en Gironde. Cette somme comprend les impôts éludés mais également les pénalités et intérêts de retard appliqués lorsque des irrégularités sont constatées.
Par rapport aux précédents bilans publiés par la DRFIP, cette progression est significative et témoigne du renforcement des moyens consacrés à la lutte contre la fraude fiscale.
104 dossiers transmis à la justice
Lorsque les irrégularités sont jugées particulièrement graves, les conséquences dépassent le simple redressement fiscal. En 2025, 104 dossiers ont ainsi été transmis aux parquets de Bordeaux et de Libourne.

Depuis 2018, cette transmission est obligatoire dans les situations les plus importantes, notamment lorsque les montants éludés dépassent 100 000 euros et que des manœuvres frauduleuses sont caractérisées. Les sanctions peuvent alors être pénales et conduire à des amendes, voire à des peines d’emprisonnement.
L’intelligence artificielle au service du contrôle fiscal
Pour sélectionner les dossiers à contrôler, l’administration s’appuie désormais sur des technologies de plus en plus avancées. Les services fiscaux croisent les déclarations avec de nombreuses bases de données, utilisent des algorithmes d’analyse et bénéficient d’échanges automatiques d’informations avec plusieurs pays.
L’intelligence artificielle permet également de repérer certaines incohérences susceptibles de révéler une fraude. Parmi les exemples les plus connus figure la détection des piscines non déclarées grâce à des photographies aériennes.
Après avoir identifié 11 000 piscines en Gironde lors d’une première campagne, une nouvelle opération menée en 2026 a permis d’en détecter 5 000 supplémentaires.
Confiance… mais vérification
L’administration fiscale rappelle que le système français repose avant tout sur le principe de la déclaration volontaire.

Chaque contribuable est présumé déclarer correctement ses revenus et son patrimoine. En contrepartie, des contrôles sont régulièrement effectués afin de garantir l’égalité devant l’impôt. Les services fiscaux précisent également qu’une erreur signalée spontanément par un contribuable peut donner lieu à des pénalités réduites, l’objectif étant avant tout d’encourager la régularisation plutôt que la sanction systématique.
Avec le développement des outils numériques et de l’intelligence artificielle, le contrôle fiscal poursuit ainsi sa modernisation afin de détecter plus efficacement les anomalies tout en concentrant les vérifications sur les dossiers présentant les risques les plus importants.
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