Et si l’océan devenait une centrale électrique géante ? Au large de la Gironde, une entreprise bordelaise est en train de franchir une étape clé pour transformer cette idée en réalité. Son nom : Seaturns. Après plusieurs années de recherche et de tests, la start-up spécialisée dans l’énergie houlomotrice s’apprête à passer à la vitesse supérieure avec des essais en conditions réelles.
Une technologie qui transforme les vagues en électricité

Le principe est aussi ingénieux que prometteur. Seaturns développe un flotteur cylindrique capable de capter l’énergie des vagues pour la transformer en électricité.
Concrètement, ce dispositif oscille sous l’effet de la houle. À l’intérieur, un système basé sur un mouvement de pendule génère des variations de pression d’air. Ce flux actionne ensuite une turbine reliée à un générateur électrique. L’objectif est clair : produire une énergie renouvelable, locale et plus stable que certaines autres sources comme le solaire ou l’éolien.
Des essais décisifs au large de la Gironde
Après des tests réussis à plus petite échelle, notamment en bassin et en mer, Seaturns s’apprête à déployer un prototype à taille réelle au large de l’estuaire de la Gironde.


Cette étape marque un tournant stratégique. Elle doit permettre de valider la technologie en conditions réelles, face aux contraintes de l’océan Atlantique : houle, tempêtes, corrosion et maintenance en mer. Les précédents essais ont déjà montré la robustesse du système, capable de résister à des conditions extrêmes.
Une ambition : industrialiser l’énergie des vagues
Fondée à Bordeaux en 2015, Seaturns ne cache pas ses ambitions. L’entreprise veut désormais passer du prototype à la commercialisation.
À terme, plusieurs flotteurs pourraient être installés en mer, formant de véritables “fermes houlomotrices”. Chaque unité pourrait produire de l’électricité pour alimenter des sites industriels ou des zones isolées. L’intérêt de cette technologie repose aussi sur sa modularité : les dispositifs peuvent être déployés en série, tout en limitant l’impact sur l’environnement marin.
Une énergie encore peu exploitée… mais stratégique
L’énergie des vagues reste aujourd’hui largement sous-exploitée, malgré un potentiel énorme à l’échelle mondiale.
Contrairement au vent ou au soleil, la houle offre une production plus régulière et prévisible. C’est un atout majeur dans un contexte de transition énergétique, où la stabilité des sources devient essentielle. Seaturns mise justement sur cette complémentarité pour s’imposer comme un acteur clé des énergies marines renouvelables.


Un projet qui dépasse la Gironde
Si les essais se confirment, la technologie pourrait rapidement s’exporter. Des projets pilotes sont déjà envisagés à l’international, notamment pour alimenter des territoires isolés ou insulaires.
Mais avant cela, tout se joue au large de la Gironde. Ces tests en mer représentent une étape décisive pour prouver que l’énergie des vagues peut devenir une solution concrète, fiable et compétitive. Une chose est sûre : avec Seaturns, Bordeaux pourrait bien être à l’avant-garde d’une nouvelle révolution énergétique.
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