L’autoroute A63, axe majeur reliant le sud-ouest de la France à l’Espagne, change de main au sein du même groupe. Abertis, filiale de l’investisseur Mundys, a officialisé la prise de contrôle totale de cette infrastructure clé en rachetant les 49 % de parts qu’elle ne détenait pas encore.
Un axe vital entre Bordeaux et la frontière espagnole

Longue de 105 kilomètres, l’A63 relie la Gironde aux Landes, entre Salles et Saint-Geours-de-Maremne. Elle constitue un corridor essentiel pour le trafic entre Bordeaux et le Pays basque, mais aussi un point de passage stratégique pour le commerce entre la France et l’Espagne.
Avec cette opération, Abertis (filiale italo-espagnole de Mundys) devient l’unique exploitant de la concession, qui court jusqu’en 2051. Le groupe avait déjà acquis 51 % du capital l’an dernier auprès d’Axa. Le rachat des parts restantes a été effectué auprès de HICL Infrastructure, CVC DIF et NGE Autoroutes pour un montant non divulgué.
Un investissement stratégique pour le groupe italien
En 2025, l’A63 a généré un chiffre d’affaires de 179 millions d’euros. Cette acquisition illustre le renforcement des investissements de Mundys en France, où son capital engagé approche désormais les 11 milliards d’euros.
Le groupe Mundys est déjà un acteur majeur dans l’Hexagone :
- Autoroutes : Via Abertis, il détient 100 % de Sanef (réseaux Nord et Est) et de la SAPN (Normandie).
- Aéroports : Il est l’actionnaire principal des aéroports de Nice et de Cannes.
- Tunnel sous la Manche : Il possède 15 % de Getlink (Eurotunnel).

Une transformation profonde après l’ère Atlantia
Il est important de préciser que Mundys est une entité issue d’une restructuration radicale achevée en mars 2023. Anciennement nommée Atlantia, l’entreprise a changé de nom et de visage après son retrait de la Bourse de Milan.
Ce basculement fait suite à une refonte totale de l’actionnariat, désormais contrôlé à 57,8 % par la famille Benetton aux côtés du fonds américain Blackstone. Cette mutation visait à tourner la page de la tragédie du viaduc de Gênes en 2018. Depuis, le groupe s’est séparé de son réseau d’autoroutes italiennes (Autostrade per l’Italia), revendu en 2022 à un consortium mené par l’État italien pour 8,19 milliards d’euros.
Aujourd’hui, avec une gouvernance renouvelée et un périmètre d’activité réorganisé, le groupe mise sur ses actifs français et espagnols pour assurer son développement à long terme.
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