Confronté à une situation financière particulièrement tendue, le Département de la Gironde poursuit son plan d’économies. Lors de la séance du conseil départemental du 8 juin 2026, les élus ont acté une décision majeure : l’arrêt du financement de Gironde Tourisme à partir de 2027. Une mesure qui marque un tournant pour la politique touristique girondine et illustre l’ampleur des difficultés budgétaires rencontrées par la collectivité.
Une situation financière sous forte pression

Depuis plusieurs mois, le Département de la Gironde fait face à une dégradation importante de ses finances. Entre l’augmentation des dépenses sociales, la baisse de certaines recettes fiscales et la hausse du nombre de bénéficiaires des aides sociales, l’équilibre budgétaire est devenu particulièrement difficile à maintenir.
Au printemps dernier, les élus avaient déjà adopté un budget marqué par de nombreuses mesures d’économies afin de tenter de redresser la situation. Mais ces efforts n’ont pas suffi à convaincre les autorités de contrôle.
La Chambre régionale des comptes a notamment demandé plusieurs ajustements comptables concernant certaines dépenses de solidarité et diverses recettes départementales. Ces corrections ont encore alourdi le déficit prévisionnel de la collectivité.
Un déficit qui dépasse les 130 millions d’euros
Selon les dernières estimations présentées lors du vote du budget rectificatif, le déficit cumulé atteindrait désormais près de 136 millions d’euros.
Cette situation oblige le Département à revoir profondément certaines de ses politiques publiques afin de respecter son objectif de retour à l’équilibre financier fixé pour les prochaines années. Face à cette contrainte budgétaire, plusieurs secteurs sont concernés par des réductions de dépenses, dont celui du tourisme.
La fin annoncée de Gironde Tourisme

Parmi les décisions les plus marquantes figure la suppression du financement départemental accordé à Gironde Tourisme à compter du 1er janvier 2027.
Créé pour promouvoir le territoire girondin, accompagner les professionnels du secteur et développer l’attractivité touristique du département, l’organisme joue depuis de nombreuses années un rôle central dans la valorisation des destinations locales.
Cette décision entraîne de fait la disparition de la structure sous sa forme actuelle et soulève des interrogations pour les vingt salariés qui y travaillent.
Une activité maintenue jusqu’à fin 2026
Malgré cette annonce, Gironde Tourisme poursuivra ses missions jusqu’à la fin de l’année 2026. Cette période transitoire doit permettre aux partenaires institutionnels, aux acteurs du tourisme et aux collectivités locales d’étudier les solutions susceptibles d’assurer la continuité de certaines actions menées sur le territoire.
L’objectif est d’éviter une rupture brutale des dispositifs d’accompagnement dont bénéficient aujourd’hui les professionnels du secteur.
Un coup dur pour la promotion touristique du territoire
La Gironde figure pourtant parmi les destinations les plus attractives de France grâce à ses nombreux atouts : le Bassin d’Arcachon, les vignobles mondialement connus, Bordeaux, les plages océanes, le patrimoine historique ou encore l’œnotourisme.

Mais dans le contexte actuel, le Département estime ne plus disposer des ressources financières suffisantes pour maintenir une politique touristique ambitieuse tout en continuant à assumer ses compétences prioritaires, notamment dans les domaines de la solidarité et de l’action sociale.
Une réorganisation à venir
La disparition programmée de Gironde Tourisme ouvre désormais une période d’incertitude sur l’organisation future de la promotion touristique du territoire. Les prochains mois seront déterminants pour imaginer de nouveaux modes de fonctionnement et identifier les acteurs susceptibles de reprendre certaines missions essentielles à l’attractivité de la Gironde.
Dans un contexte budgétaire particulièrement contraint, cette décision illustre les arbitrages difficiles auxquels sont confrontées de nombreuses collectivités locales, contraintes de revoir leurs priorités face à la pression croissante sur leurs finances.
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