André Manoukian présente La Sultane mardi au Pin Galant de Mérignac
André Manoukian sera sur la scène du Pin Galant mardi 13 octobre à 20 h 30 avec La Sultane. Son cinquième album puise dans les musiques arméniennes et dans les sonorités du Levant, tout en conservant la liberté du jazz. Autour du piano, un violoncelle, des percussions et une basse dessinent le territoire de ce nouveau concert. C’est ce que révèle ce rendez-vous local, à hauteur de public.
La Sultane, un album traversé par la mémoire arménienne
La Sultane est le cinquième album d’André Manoukian. Son titre reprend un surnom affectueux employé dans sa famille pour désigner sa sœur. Cette origine personnelle éclaire le fil du projet : le pianiste s’intéresse aux résonances de la musique arménienne et les fait dialoguer avec ses habitudes d’improvisateur.
Le titre de l’album ne renvoie pas à une figure lointaine inventée pour le spectacle. Manoukian explique que sa mère appelait ainsi sa petite sœur ; les garçons, dans le même langage familial, étaient surnommés « mon Pacha ». Ce mot place la transmission au cœur de La Sultane. Il donne un sens intime aux influences arméniennes du disque sans en faire une simple carte postale sonore.

Le concert ne présente pas ces influences comme un décor. Elles traversent les mélodies, les timbres et le rythme des compositions. Les sonorités venues du Levant croisent des percussions indiennes et une écriture nourrie de jazz. Ce mélange donne à Manoukian une matière pour travailler les contrastes, plutôt qu’une étiquette musicale unique.
Le choix du violoncelle et de la contrebasse ouvre un espace particulier autour du piano. Les deux cordes ne remplissent pas le même rôle : l’une peut porter une ligne mélodique, l’autre soutenir la profondeur harmonique et rythmique. Les tablas de Mosin Kawa déplacent encore la pulsation. Cette formation explique comment le concert peut passer d’une pièce retenue à une séquence plus tendue sans changer d’univers.
Un quartet autour du piano
Au piano et au chant, André Manoukian partage la scène avec le violoncelliste Guillaume Latil, le percussionniste Mosin Kawa aux tablas et le bassiste Gilles Coquard. Cette formation resserrée laisse de la place à chaque instrument. Le violoncelle peut prolonger une ligne mélodique, tandis que les percussions déplacent l’accent rythmique et que la basse maintient le lien entre les séquences.

La distribution correspond au caractère hybride du disque. La présence des tablas, en particulier, éloigne le concert d’un format de trio de jazz classique. Manoukian conserve le piano comme point d’ancrage et ouvre la musique à d’autres couleurs. Le spectacle annoncé dure environ 1 h 10, selon la programmation du Pin Galant.
Manoukian n’abandonne pas le jazz dans ce projet. Il s’en sert comme d’une méthode de circulation entre des matériaux qui ne viennent pas du même lieu. La mémoire arménienne, les sonorités levantines et les percussions indiennes ne sont pas présentées comme des cases à cocher. Leur rencontre donne un espace aux compositions et au jeu collectif du quartet.
Une seule date annoncée à Mérignac
La représentation est prévue mardi 13 octobre à 20 h 30 au Pin Galant, avenue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny à Mérignac. Pour replacer ce concert dans le parcours du pianiste, son site officiel présente ses projets et son actualité.
Ce concert s’adresse autant à celles et ceux qui suivent Manoukian depuis ses albums de jazz qu’au public attiré par l’influence arménienne du nouveau disque. L’angle du spectacle est clair : raconter une histoire musicale personnelle, avec un groupe assez souple pour en faire entendre les différentes strates sur scène.
La dimension vocale mérite aussi l’attention. Le programme annonce André Manoukian au piano et au chant, ce qui place sa voix dans un dispositif souvent associé d’abord à son clavier. Là encore, le concert ne peut être réduit à une démonstration de virtuosité pianistique. Le récit familial qui nourrit l’album et la parole musicale du groupe se partagent la scène.

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