En Nouvelle-Aquitaine, l’apprentissage artisanal marque le pas à la rentrée 2026. CMA Formation compte 10 676 apprentis au 9 septembre, contre 11 275 un an plus tôt. Le recul atteint 5 %, dans une région où ces formations relient directement les jeunes aux métiers de bouche, aux services, à l’automobile ou au bâtiment. Derrière la baisse globale, les inscriptions en première année se contractent davantage : elles reculent de 12 %. C’est cette arrivée moins nombreuse de nouveaux apprentis qui retient l’attention.
Une baisse plus forte à l’entrée en formation
Le chiffre régional reste moins mauvais que la tendance nationale annoncée par la Chambre de métiers et de l’artisanat : celle-ci fait état d’un recul de 7 % des effectifs d’apprentis en France. La comparaison ne doit pourtant pas masquer le signal donné par les premières années en baisse de 12 %. Les jeunes qui commencent aujourd’hui leur parcours constitueront les effectifs des promotions suivantes. Si cette diminution se prolonge, elle pèsera plus longtemps qu’un simple écart de rentrée.

Toutes les spécialités ne sont pas touchées de la même manière. La baisse atteint 15 % dans les services, 10 % dans le bâtiment et 10 % dans la vente et le commerce. Il ne s’agit donc pas d’un phénomène concentré sur un seul métier. Ces variations interviennent dans un réseau de quinze centres de formation répartis dans la région. Les données présentées concernent CMA Formation Nouvelle-Aquitaine ; elles ne décrivent pas, à elles seules, l’ensemble des organismes qui accueillent des apprentis.
Des offres disponibles, mais des profils qui ne coïncident pas toujours
Le repli des effectifs ne signifie pas que les entreprises ont cessé de recruter. La chambre recense 2 010 offres de contrat dans ses centres pour 1 933 candidats dont le projet de formation a été validé. Le nombre brut d’offres dépasse donc celui des candidats identifiés. Les responsables du réseau observent cependant des décalages entre les métiers recherchés par les entreprises et les choix des jeunes. Une place disponible dans une spécialité ne peut pas mécaniquement compenser l’absence de contrat dans une autre.
La répartition des apprentis montre le poids des secteurs concernés. Les métiers de bouche regroupent 29 % des effectifs, les services et la maintenance automobile 25 % chacun. Le bâtiment représente 7 %, l’hôtellerie-restauration 6 %. Les hommes constituent 68 % des inscrits, les femmes 32 %. Ces proportions éclairent la composition actuelle du réseau ; elles ne suffisent pas à expliquer la baisse de cette rentrée. Pour explorer les parcours proposés, le site de CMA Formation Nouvelle-Aquitaine présente les formations et les centres par département.

Le décalage entre candidatures et besoins des employeurs rend le suivi des contrats aussi important que celui des inscriptions. Un jeune peut avoir choisi une formation et rester sans entreprise d’accueil ; une entreprise peut, inversement, proposer un contrat sans trouver de candidat correspondant. Les deux indicateurs doivent donc être lus ensemble.
Le financement des centres entre aussi dans l’équation
La chambre alerte parallèlement sur une forte diminution de l’enveloppe que l’État verse aux Régions pour l’apprentissage. Son président, Gérard Gomez, indique que la part destinée à la Nouvelle-Aquitaine passerait de 40 millions à 5 millions d’euros. Il y voit une menace pour la rénovation des plateaux techniques. Cette alerte porte sur les moyens futurs du réseau, distincts du décompte des jeunes déjà inscrits. Elle intervient alors que la CMA indique avoir investi 40 millions d’euros dans ses infrastructures entre 2021 et 2026.

La revalorisation de certaines prises en charge et des aides aux employeurs apporte un autre élément au tableau, mais la chambre juge ces mesures tardives et insuffisantes pour couvrir la hausse des coûts de formation. Les règles du contrat d’apprentissage restent le cadre des recrutements. À cette rentrée, le défi est double : faire correspondre les candidatures aux offres existantes et préserver des équipements capables d’enseigner ces métiers dans la durée.
À lire aussi : Lormont à pied : une échappée verte guidée sur la rive droite le 11 octobre




