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Apprentissage en Nouvelle-Aquitaine : 599 jeunes de moins dans les CFA de l’artisanat

L’apprentissage artisanal recule en Nouvelle-Aquitaine. Au 9 septembre 2026, les quinze centres de formation de la Chambre de métiers accueillent 10 676 jeunes, contre 11 275 un an plus tôt. Cette baisse de 5 % reste moins forte que la moyenne nationale, mais elle frappe presque toutes les filières et survient au moment où les financements publics destinés aux CFA se contractent brutalement.

599 apprentis de moins en un an

La rentrée confirme une tendance déjà visible fin 2025. Le réseau CMA Formation compte 599 apprentis de moins qu’à la même date l’an dernier. Les services enregistrent le décrochage le plus marqué, avec une baisse de 15 %. Le bâtiment recule de 10 %. À l’échelle nationale, les chambres de métiers font état d’une diminution plus lourde, proche de 7 %. Le repli touche aussi des territoires où les CFA maintiennent des formations indispensables à l’économie locale.

Les quinze centres CMA Formation de Nouvelle-Aquitaine accueillent 10 676 apprentis à la rentrée 2026, soit une diminution de 5 %.

Ce recul ne signifie pourtant pas que les jeunes ont déserté les métiers manuels. Les examens du printemps ont réuni 5 808 candidats, avec 84,37 % de réussite provisoire. L’alimentation, la mécanique et la beauté-bien-être concentrent toujours les effectifs les plus importants. La publication détaillée des résultats 2026 de CMA Formation montre même une réussite légèrement supérieure à celle de 2025.

Des offres existent, mais les contrats ne se signent pas toujours

Le paradoxe tient dans deux chiffres. Les centres recensent 2 010 offres de contrat à pourvoir, tandis que 1 933 candidats cherchent encore activement une entreprise. Sur le papier, l’équilibre semble presque atteint. Dans les faits, le métier visé, la localisation, le niveau de formation ou le calendrier empêchent souvent la rencontre entre l’employeur et le futur apprenti.

L’artisanat repose pourtant fortement sur cette transmission. Un jeune alterne entre cours au CFA et apprentissage du geste professionnel dans l’entreprise, sous la responsabilité d’un maître d’apprentissage. La fiche officielle consacrée au contrat d’apprentissage détaille les règles de durée, de rémunération et d’accompagnement. Pour une petite structure, recruter demande cependant du temps, une organisation stable et une visibilité financière suffisante.

Le décalage entre les offres disponibles et les candidats tient aussi aux métiers recherchés, aux territoires et aux niveaux de formation proposés.

Une enveloppe régionale divisée par huit

La CMA alerte surtout sur les moyens accordés aux centres. L’enveloppe versée par l’État à la Nouvelle-Aquitaine pour soutenir l’apprentissage passerait de 40 à 5 millions d’euros. Les rénovations de plateaux techniques sont directement menacées, alors que les équipements conditionnent la qualité des formations dans la mécanique, l’alimentation, le bâtiment ou les métiers d’art.

Entre 2021 et 2026, la chambre régionale indique avoir investi 40 millions d’euros, sur un total de 80 millions apportés par l’ensemble des financeurs. Les travaux envisagés entre 2027 et 2030 devront désormais être hiérarchisés. Cette contraction arrive après plusieurs modifications du financement de l’apprentissage, dont une participation obligatoire de 750 euros pour certains cursus de niveau bac +3 et plus depuis juillet 2025.

La baisse annoncée des crédits oblige les centres de formation à prioriser leurs futurs travaux et le renouvellement de leurs équipements pédagogiques.

Un enjeu de renouvellement pour les entreprises artisanales

Le sujet dépasse les seuls CFA. Entre 2018 et 2025, le nombre d’employeurs d’apprentis en Nouvelle-Aquitaine a presque doublé, passant de 18 500 à près de 36 800, selon la Dreets Nouvelle-Aquitaine. Cette progression a soutenu le renouvellement de métiers confrontés aux départs à la retraite et aux difficultés de recrutement.

La rentrée 2026 ouvre donc une période de vigilance. Si le recul se prolonge, moins de jeunes seront formés dans les métiers de proximité, au moment même où de nombreux artisans cherchent des repreneurs ou des salariés qualifiés. Les contrats encore vacants constituent une réserve immédiate. Leur transformation en embauches décidera d’une partie du bilan réel de l’année.

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