Le toit de la base sous-marine de Bordeaux doit devenir une centrale électrique à l’échelle du quartier. Relancé avec Nexhos Énergies et Rayon Commun, le projet prévoit 6 500 panneaux photovoltaïques sur 13 000 mètres carrés, dont la production sera partagée avec des acteurs voisins. Après l’arrêt du premier chantier en 2025, l’opération cherche désormais à réunir la réalisation technique, son équilibre financier et une communauté de consommateurs locaux.
Une centrale solaire sur la base sous-marine de Bordeaux
L’installation représente une puissance annoncée de 3 mégawatts-crête. Rayon Commun estime sa production annuelle à environ 3,4 gigawattheures, soit l’équivalent de la consommation de 770 foyers. Cette comparaison donne un ordre de grandeur : elle ne signifie pas que 770 logements seront directement raccordés à la toiture. Les premiers bénéficiaires visés sont des entreprises, des associations et des institutions du secteur.
Les panneaux occuperont une partie du vaste toit de béton, sans transformer l’ensemble du bâtiment en parc photovoltaïque. Le chantier doit composer avec une architecture héritée de la Seconde Guerre mondiale. Le choix d’une grande toiture déjà construite permet de produire en ville, au voisinage d’activités consommatrices, plutôt que d’ajouter un équipement sur un terrain libre éloigné de ses usagers.

La fiche de l’opération portée par Rayon Commun affiche une mise en service visée fin 2027. Il s’agit d’un calendrier de projet, pas d’une installation déjà productrice. Les économies d’énergie et les émissions évitées annoncées par les porteurs restent, à ce stade, des estimations liées à son futur fonctionnement.
Le financement et la reprise du chantier restent déterminants
Une première pose symbolique de panneau avait eu lieu en juillet 2025. Le chantier s’était interrompu peu après, dans le contexte des difficultés de Boucl Énergie et de sa maison mère EverWatt. La reprise du projet par Nexhos Énergies doit remettre l’opération sur les rails, après une période durant laquelle son avenir était resté suspendu à la situation de l’opérateur initial.
Le budget a été évalué à environ six millions d’euros, avec un soutien européen via le Feder et la Région. La pose des modules ne représente qu’une partie de l’équation : il faut financer les études, les équipements et leur exploitation, puis disposer de débouchés pour l’électricité. La présence de consommateurs proches contribue donc directement au modèle économique recherché.

Rayon Commun organise ce collectif, tandis que Nexhos porte la centrale. La répartition des rôles sépare la construction de l’installation et le fonctionnement de la communauté énergétique. L’enjeu est de coordonner les deux : une toiture équipée ne suffit pas à faire vivre une opération de partage si les contrats et la répartition de la production ne sont pas prêts.
L’électricité partagée passe toujours par le réseau
Le principe de l’autoconsommation collective consiste à répartir une production locale entre plusieurs participants. L’électricité ne voyage pas dans un réseau privé posé spécialement entre les voisins. Enedis décrit un partage de l’énergie produite sur le réseau public, organisé avec des règles communes et des données de comptage permettant d’attribuer les volumes à chacun.
Les consommateurs conservent un fournisseur pour couvrir les besoins que les panneaux ne satisfont pas. Le soleil produit à certaines heures ; une activité peut consommer à d’autres moments. Le choix des participants et de leurs profils d’usage compte ainsi autant que la puissance installée. Le projet bordelais vise notamment le quartier de Bacalan et les acteurs situés à proximité de la base.

La réussite se mesurera à l’électricité effectivement produite et utilisée localement. Après une interruption de chantier, le bâtiment change surtout d’horizon : sa grande surface de toiture pourrait devenir une ressource commune pour le quartier, à condition de faire aboutir ensemble travaux, financement et contrats.
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