La marque bordelaise de vêtements Cocorico accélère fortement en 2026. Son chiffre d’affaires atteint 10 millions d’euros au premier semestre, en hausse de 48 % sur un an. Créée par Arthur, Tom et Coline Charle, l’entreprise veut désormais franchir le seuil des 30 millions d’euros annuels, portée par son commerce en ligne et son arrivée progressive dans les magasins Intersport.

Dix millions d’euros en six mois
Le premier semestre confirme le changement d’échelle de Cocorico. Avec 10 millions d’euros de ventes entre janvier et juin, la marque réalise une progression de 48 % par rapport à la même période de 2025. Ce rythme prolonge une trajectoire déjà rapide : son chiffre d’affaires était passé de 15 millions d’euros en 2024 à plus de 20 millions en 2025.
L’entreprise ne souhaite pas ralentir. Elle vise 30 millions d’euros de chiffre d’affaires sur l’ensemble de 2026 et prévoit de vendre 1,2 million de produits. Ce cap suppose de poursuivre l’élargissement de la gamme, mais aussi de toucher des clients qui n’achètent pas spontanément leurs vêtements sur internet.
Intersport ouvre une nouvelle étape
La distribution physique devient ainsi un axe majeur. Depuis janvier, plusieurs références Cocorico sont proposées dans des magasins Intersport, après une phase de test menée pendant un an dans trois points de vente. Pour la marque, ce réseau national représente un moyen d’accroître sa visibilité sans construire immédiatement ses propres boutiques.
Les dirigeants estiment que cette présence pourrait générer entre 25 et 30 % de croissance supplémentaire. Elle modifie aussi la manière de travailler : il faut adapter les volumes, les assortiments et les livraisons aux contraintes d’un grand distributeur. Le passage du numérique aux rayons physiques constitue donc autant une opportunité commerciale qu’un défi logistique.

Une entreprise partagée entre Bordeaux et le Lot
Cocorico a été créée en 2016 par Arthur, Tom et Coline Charle. La direction, la création et les fonctions administratives sont installées rue Buhan, dans le centre de Bordeaux. La logistique, le stockage et une partie des opérations sont organisés à Frayssinet-le-Gélat, dans le Lot. Les informations juridiques de l’établissement bordelais de Cocorico sont consultables dans l’Annuaire des entreprises.
Cette organisation permet de conserver une équipe resserrée tout en pilotant un réseau industriel national. L’entreprise compte une cinquantaine de salariés et s’appuie sur plusieurs dizaines d’ateliers partenaires spécialisés. Tissage, tricotage, teinture, découpe, confection, broderie ou sérigraphie sont répartis selon les savoir-faire disponibles. Le modèle repose sur une chaîne de production française coordonnée, plutôt que sur une usine unique intégrant tous les métiers.
Rendre le made in France plus accessible
Depuis ses débuts, Cocorico défend une promesse simple : proposer des basiques fabriqués en France à des tarifs proches de ceux de marques plus conventionnelles. Le premier produit emblématique a été un boxer vendu moins de dix euros. Sweats, tee-shirts, sous-vêtements, pantalons et vêtements de sport ont ensuite enrichi un catalogue qui compte aujourd’hui plusieurs milliers de références.
Pour contenir les prix, la société mise sur les volumes, réduit ses marges et ajuste les stocks à la demande. Elle détaille les étapes et les lieux de production sur sa page consacrée à la fabrication française de ses vêtements. Le coton reste importé, mais les opérations de transformation sont annoncées comme réalisées en France.
Cette croissance montre qu’un positionnement local peut rencontrer un marché large, à condition de maîtriser les coûts et la distribution. Cocorico doit maintenant absorber des volumes plus importants sans perdre ce qui a construit sa réputation : des prix accessibles, une traçabilité lisible et un ancrage industriel français. Pour l’écosystème bordelais, son parcours illustre aussi la capacité d’une marque née en ligne à devenir un acteur national du textile.

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